Le variant Delta plus menaçant qu'Omicron pour les vacances de Noël

Le variant Delta plus menaçant qu'Omicron pour les vacances de Noël

Selon les spécialistes, les vacances d'hiver sont plus sous la menace du variant Delta que d'Omicron, dont les effets devraient plutôt se faire sentir sur les vacances de février et de Pâques ... D'ici à quelques jours, les pics de contamination qui pourraient entrainer une nouvelle vague de restrictions seront liés au Delta sans qu'il soit possible d'en limiter la casse ...

On verra bien ce que le gouvernement décidera ce lundi 6 décembre, lors de son conseil de défense, mais il y a de grandes "chances" de voir pleuvoir de nouvelles mesures restrictives. En cause, le variant Delta dont la 5ème vague semble désormais hors-de-contrôle. Toutefois, tout n'est pas complètement perdu pour la suite.

Tout d'abord, à la différence de l'hiver dernier, près de 80% de la population est correctement vacciné; ce qui devrait de facto entraîner toute mesure radicale comme un confinement ou des couvre-feu très restrictifs ... ou encore, une remise en question en dernière minute des vacances à la neige. D'après les spécialistes de la montagne française - dont les 250 stations ont ouvert ce weekend pour l'essentiel - les mesures de sécurité prises sur place en complément des traditionnels gestes barrières devraient contenir le risque de devoir tout fermer d'un coup.

Les soucis semblent se porter ailleurs : selon les patrons du tourisme à la neige, réunis ce weekend au Club Med des Rosières, il manquerait entre 5 et 10% des effectifs "saisonniers" dans les hôtels, clubs et restaurants pour assurer un service optimum. Si l'ouverture des stations ne semble donc pas menacé, il semble que certains professionnels se préparent d'ores et déjà revoir l'amplitude des services proposés aux clients ... en raison du manque de personnel. Un manque lié à deux phénomènes majeurs : beaucoup de jeunes saisonniers ne sont pas encore confinés et, comme pour la restauration, de nombreux salariés ont quitté le secteur pour s'orienter dans d'autres milieux professionnels.

Côté "grands acteurs", le Club Med a annoncé avoir bouclé une formation intensive à l'accueil "sous contrainte sanitaire" à plus de 1000 de ses "GO" et son patron, Henri Giscard d'Estaing se déclare "prudemment optimiste" dans le JDD d'hier. Pour le leader mondial, les resorts "à la neige" affichent "Complet" pour les deux premières semaines de vacances et "Le Club" se tient prêt à organiser des tests préalables pour ses clients internationaux (encore, en retard, de réservations) si le gouvernement en impose la condition pour pouvoir accueillir d'autres touristes que les français.

En attendant, les français - bien que très prudents - semblent vouloir confirmer leur impatience de "se rendre à la neige" et, pour l'heure, les stations ne semblent pas s'inquiéter d'un éventuel reflux de réservations ... en croisant les doigts pour que les annonces de demain soir ne viennent ternir leur perspective. Car le risque reste élevé que la période de Noël soit carrémment explosive en termes de contaminations liées au variant Delta. Car c'est bien lui qui cause le trouble actuel, même si Omicron n'est pas en reste ... pour le printemps prochain.

Selon le virologue Bruno LINA, la "pointe", le "pic" du variant Delta devrait atteindre son apogée en janvier prochain et ce dernier recommande d'ici là, non pas d'imposer des restrictions plus fortes, mais de maintenir le cap des gestes barrières et des comportements raisonnables. Selon ce spécialiste, "sans annoncer encore de catastrophe, il faut quand même s'attendre à ce qu'Omicron prenne le relais des forts volumes de contamination entre février et mars" en raison de l'inertie liée à chaque mutation virale, explique ce spécialiste.

Pour ce spécialiste, ce pic ne dit pas encore s'il comportera une saturation hospitalière (seul paramètre qui peut déclencher par avance des restrictions majeures), car à ce stade aucune étude ne permet de déterminer la virulence de ce nouveau format de virus. D'ici là, donc, prudence et continuons de rester ouvert et de se préparer à accueillir des clients ... même si cela se fait dans des conditions assez sensibles.

Car, comme au début de la pandémie, il semble bien, en tous les cas, que le monde se referme... et les pays, sur eux-mêmes. Si la double actualité du Covid est en mesure d’inquiéter, il semble que, cette fois-ci, les états n'ont pas envie de différer les décisions les plus compliquées comme celle, par exemple, de la vaccination obligatoire pour certaines activités. Ce sujet potentiellement polémique est désormais à l'agenda de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. L’Autriche la met en place à partir du 1er février 2022 tandis que l’Allemagne s’y prépare. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle les Etats membres et tous les voyageurs à "rester vigilants", à se faire vacciner et à suivre les règles sanitaires, qu’ils soient vaccinés ou pas. Avant de plus amples mesures ...

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Les agences de voyages françaises inquiètes

Ce sondage effectué du 26 au 28 novembre dans le cadre de la nouvelle donne Covid donne la tendance des voyagistes. Mené par le Collectif de Défense des Métiers du Voyage (CDMV) principalement auprès de adhérents, il montre que la 5e vague de Covid et le variant Omicron freinent déjà l’activité. Les agences et les clients sont inquiets", résume le président du CDMV, Jean-Charles Franchomme.

Agences_CDMV

Pléthore de restrictions à l’international

Désormais et pour une période indéterminée, les touristes étrangers souhaitant séjourner en France doivent et devront se livrer à un certain parcours du combattant, ce qui vaut aussi à l’inverse.

Dans notre pays, pour tenter de modérer la propagation du nouveau variant, un test négatif sera exigé à tous les voyageurs étrangers même vaccinés, venant d'un pays extérieur à l’Union européenne. Les ressortissants européens non vaccinés devront présenter un test négatif de moins de 24 heures, contre 72 heures jusqu’à présent.

Les passagers arrivant d’Afrique australe seront très contrôlés. "Pas de panique, mais une vigilance maximale", a rassuré le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, le 1er décembre.

"Pas de chance" pour les US, dont les frontières venaient à peine d'être rouvertes, le 18 novembre, après 18 mois de "Travel ban" instauré par Donald Trump au début de la pandémie et maintenu par Joe Biden, les frontières se referment à grand bruit. Et les voyageurs anticipent sur les soucis à venir s'ils venaient à se déplacer aux US alors que le pays s'apprête à bloquer ses limites.

Notamment vers New York, les réservations de vols étaient montées en flèche chez Air France, qui prévoyait de retrouver 90% de ses capacités d'avant-Covid sur les Etats-Unis dès mars 2022... British Airways a vu les recherches de vols bondir de de 900 % pour les jours précédant Noël. A l’inverse, chez American Airlines, les réservations ont progressé de 40 % vers l’Europe. C'était sans compter sur ... la Maison Blanche qui a durci aussi les conditions d'entrée dans le pays, le 2 décembre, en imposant un test PCR de moins de 24 heures aux voyageurs. Et probablement, de nouveaux tests, une fois admis sur place.

Cette décision s’ajoute à l’obligation de présenter un certificat de vaccination, déjà obligatoire pour rejoindre le pays.

Le Maroc, Israël et le Japon ont de nouveau fermé leurs frontières, l’Australie filtre sévèrement les entrées… Les mesures prises pays par pays évoluent sans cesse. Pour les français, compte tenu de ces nouvelles péripéties, les vacances se passeront certainement ... en France, cette année encore. Ce qui n'est vraiment pas une mauvaise nouvelle pour votre business.

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Le marché aérien et les croisières à la peine

A l’échelle macro, la valeur boursière des grandes marques de tourisme a fléchi après l’annonce de la découverte du nouvel avatar.

Parmi les entreprises françaises, Accor a perdu 8,91%, la Compagnie des Alpes (La Plagne, Méribel, Val d'Isère, Futuroscope, Parc Astérix etc) a reculé de 8,61 % et Air France KLM a chuté de près de 10%. British Airways a dévissé de près de 15%, Lufthansa de quasi 9%. Le mouvement est général, avec des replis de 8,79% pour American Airlines et plus de 5% pour Japan Airlines. Les compagnies de croisières Norwegian (-11,36%), Carnival (-10,96%) et Royal Caribbean (-13,22%) subissent aussi l’effet Omicron.

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Une opportunité pour la France et le tourisme à taille humaine

Le tour de vis général sur les conditions d'accès aux terriotoires crée, à nouveau, un climat anxiogène qui rend la France plus rassurante pour ses premiers clients voyageurs, les français eux-mêmes. Cette impression de déjà vu doit être perçue comme un avantage.

Depuis le printemps 2020, nous avons passé au scanner de nombreuses données et nouss avons abordé de nombreux volets concernant la nouvelle carte géographique découlant du Covid. Et l'on peut dire, sans s'y tromper, que ce sera encore vrai pour 2022:

  • Le nouvel attrait pour la province française,
    - La redécouverte de sa propre région (jusqu’à l’auto-tourisme),
  • La recherche d’espaces sans brassage excessif,
  • Le "refuge" heureux dans les campagnes, la désaffection des hôtels de grand passage,
    - L’importance des tribus (familles, groupes d’amis),
  • Les indispensables mesures sanitaires, devenues une seconde nature,
  • La distanciation,
  • La généralisation du paiement sans-contact et de la réservation chronodatée,
    - L'essor du lastminute et l’ultra-last-minute.

La prise en compte de ces éléments nés du Covid est devenue naturelle. Cette nouvelle culture constitue un acquis important, autour d’une épidémie dont la date de fin n’est connue de personne. L'alternative se résume à "Je reste ouvert(e) en m'adaptant" ou "Je ferme et je fais autre chose ..."; ce qui n'est pas donné à tout le monde...

Les professionnels du tourisme n’ont pas acquis l’expérience Covid pour rien : toutes les notions assimilées (comportements, réflexes, mais aussi aménagements opportuns) sont maîtrisées, et même familières, elles ne sont pas inédites. Omicron est une nouvelle étape pour les hébergeurs indépendants, qui doivent recourir à leur savoir-faire perfectionné depuis 2020. Se préparer à passer une nouvelle vague qui est inéluctable mais dont on ne connaît pas encore la gravité ...

Malgré le contexte favorable aux vacances en France, il reste indispensable d’être proactif, en se signalant aux voyageurs, en engageant des campagnes marketing teintées de l’ambiance de cette saison 5 du Covid. Le ciblage géographique reprend son importance ainsi que les offres qui soulignent vos précautions 100% secure.

Quelques fondamentaux sur les voyages intérieurs :

  • Le "local" signifie "à moins de 3 heures de voiture de chez vous".

  • Les séjours à 1h de chez soi sont envisageables rapidement.

  • Les voyages en France sont plébiscités à 54% par les 35-49 ans, soit des profils "famille" (Source : Liligo)

  • La voiture est le mode de transport choisi à 57% pour voyager (source idem).

  • Le désir de tourisme qualitatif progresse dans la société.

  • Les valeurs environnementales sont dans l’ADN du tourisme national à taille humaine.

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La résilience dont a fait montre l'univers du tourisme est exemplaire et la taille (réduite) des entreprises du tourisme est désormais un gage d'agilité et représente donc un avantage réel. Avec la bonne dose de digital (qui devient un paramètre vital pour le tourisme), tout un chacun peut passer ces vagues avec succès et attendre, une fois de plus, un "jour d'après" débarrassé de ces vagues épidémiques. Personne ne sait quand mais, d'ici là, tout le monde aspire à vivre à peu près normalement. Et chaque professionnel du tourisme a là une occasion d'enrichir la normalité de tous les citoyens.