Sondage elloha: les pros croient en une reprise estivale et digitale !

Même si les temps sont durs, les entreprises du tourisme et des loisirs gardent le moral ! Et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle. Tenir, tenir le coup et sa tréso jusqu'à la reprise, voilà ce qu'il ressort de notre dernier sondage. A chaque réponse, transpire la conviction, dans l'esprit des pros, qu'il y aura reprise et qu'elle sera de plus en plus digitale ...

Le moral des troupes !

À notre grande surprise, il n'est pas si bas que cela ... Plus de 70% des pros qui ont répondu à notre questionnaire estiment que leur capacité de résilience est supérieure à 5 (sur une échelle de 1 à 10). Cela veut dire que, même si les temps sont très difficiles et que l'ambiance est des plus moroses, on sent bien qu'il y aura reprise et que (les aides publiques aidant, voir plus loin), il est encore possible de "tenir le coup" jusqu'à la prochaine saison.

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Il est à noter, toutefois, quelques différences notables selon les types d'établissements: les maisons d'hôtes et les hôtels indépendants affichent des niveaux de "résilience" plus importants que la moyenne. Une explication peut-être ? Leur taille (et donc les niveaux de charges, de dettes et d'amortissement) semble les privilégier "à passer l'orage" plus sereinement que les plus grosses structures qui doivent affronter la renégociation de leurs prêts, baux de location, mise en chômage partiel de leurs personnels ... Toutefois, le moral de tous les répondants (quelque soit leur taille) reste majoritairement positif. De la graine d'entrepreneurs "qu'on vous dit" !

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Du réalisme et pas d'attente forte avant l'été

Pas d'enthousiasme béat chez les pros du tourisme et des loisirs : pour plus de la moitié d'entre eux (55,9%), il n'y aura pas de "retour à la normale" avant l'été prochain. Si un quart d'entre eux espèrent quand même un sursaut pour les vacances de Pâques (25,4%), personne ne s'attendait vraiment à faire une saison (même à voilure réduite) cet hiver, y compris pour les "vacances de février" (1,7%); à moins que, d'ici là, les phases de "déconfinement progressif" se mettent en place comme annoncé par le gouverment.

Cela en dit long, par conséquent, sur le "principe de réalité" qui traverse l'écosystème du tourisme et des loisirs: les pros semblent avoir acté le fameux "tunnel de 6 mois" et l'hibernation forcée jusqu'au printemps ... même si les pros des stations de montagne espéraient une ouverture (finalement reportée) avant les fêtes de Noël.

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D'ici là, les pros envisagent de "tenir quoi qu'il en coûte" ... et notamment, grâce aux aides de l'Etat. Si lors du premier confinement, plus de 85% d'entre eux affirment avoir sollicité le bénéfice des aides, pour cette seconde phase de confinement, les demandes restent encore timides ... peut-être, un effet de la saison estivale (entre temps) qui s'est plutôt mieux déroulée que prévu.

Le fonds de solidarité "superstar"

Le dispositif le plus employé a été celui du fonds de solidarité, très largement sollicité (par plus de 84,6% des pros) et, bien plus bas en proportion, le Prêt Garanti par l'Etat (32,7%) dont la première version (qui n'intégrait pas encore ce que l'on appelle le "PGE saisonnier") semblait assez inadaptée aux professionnels du tourisme et des loisirs (50% le jugeaient inadaptés et 31%, compliqué à mettre en oeuvre) d'où, certainement, cet écart considérable entre la mise en place du fonds de solidarité et le PGE.

Pas encore prêtes, les aides locales et régionales constituaient, au printemps dernier, le troisième levier des pros (28,8%) alors qu'elles sont désormais leur second levier (voir plus loin).

Enfin, les dispositifs de gel des cotisations sociales (28,8%) et des impôts (13,5%) constituent les leviers les moins utilisés avec le chômage partiel. Ce qui pourrait s'expliquer par le court délai qui séparait le confinement de mars du début de l'été.

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L'espoir des aides locales et régionales

A cette période donc, en plein coeur d'un confinement un peu spécial et avec une perspective de reprise touristique pas avant 5 mois, les pros restent plus discrets sur le fait d'actionner les aides publiques: selon les réponses données, pour ce second "confinement", seuls 56% des pros comptent actionner les aides publiques ou le PGE (contre 85% lors de la première phase). Toutefois, le sondage démontre, cette fois-ci, le recours massif au fonds de solidarité, pour 94% des pros du tourisme et des loisirs (voir c-dessous).

Comme on le voit ci-dessus, si le fonds de solidarité (dans sa nouvelle version) est plebiscité par les pros du tourisme, le PGE et le PGE saisonnier ne semblent pas attirer les foules. Il faut dire qu'il s'agit là d'une dette à contracter, certes avec des conditions assez souples, mais qu'il faudra bien rembourser un jour ou l'autre ... En revanche, les pros s'appuient de plus en plus sur les dispositifs régionaux pour venir en soutien de leur situation économique: désormais, les collectivités sont plus avancées dans leur aides publiques car moins victimes de "l'effet de surprise" du premier confinement...

Dans l'esprit des pros, les aides locales et régionales semblent plus simples à mettre en oeuvre, avec un relais de terrain plus efficace pour les accompagner dans leurs démarches ... ce qui n'est pas faux, évidemment.

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À la question de savoir pourquoi ils ne sollicitent pas plus que cela les aides d'Etat à l'occasion de ce confinement "automnal":

  • 50% répondent qu'elles leur semblent toujours mal adaptées à la situation,
  • 27% estiment qu'elles restent difficiles à mettre en oeuvre,
  • 23% considèrent qu'ils n'en ont pas besoin et pourront tenir jusqu'à la reprise.

Cette dernière réponse a de la valeur, en effet, car elle démontre bien que certaines entreprises du tourisme et des loisirs ont mieux résisté que prévu lors de l'été dernier et ont, par conséquent, constitué des "réserves" suffisantes pour tenir jusqu'au printemps prochain.

La "tréso" et le digital !

À la question de savoir par quoi (ou sur quoi) les dispositifs actuels devraient être boostés, les pros répondent en priorité qu'il devrait s'agir d'aides à la trésorerie (mais, tout en évitant l'emprunt comme on l'a vu plus haut), des éxonérations (et non pas des reports) de charges sociales pour tenir jusqu'à la reprise et des aides locales (encore et toujours !) pour "muscler la tréso" et se digitaliser au meilleur coût.

A travers ces réponses, les pros montrent qu'ils ont des convictions sur deux sujets au moins :
* il y aura reprise et donc, il faut "nous donner les moyens de tenir jusque là",
* il y aura reprise et elle se fera sous l'effet du digital (réservation en ligne, multi-canal, click & collect ...) et "il faut donc nous aider à passer le cap et vite ..."

Et, dans cette perspective, ce sont bien évidemment les collectivités locales (de la ville jusqu'à la région) qui sont attendues au tournant ...

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Digitaliser ... ou mourir

Une des leçons de cette situation compliquée - et de la reprise des réservations, sur les chapeaux de roue l'été dernier - est que les pros savent désormais que sans un dispositif digital à la hauteur des enjeux, ils sont invisibles du marché et loupent de sérieuses opportunités de reprise ...

C'est ainsi que, dans leurs priorités du moment, hors questions liées à la trésorerie, "booster ma digitalisation" (52%) et "refaire mon site internet" (43%) sont dans le Top 3 des actions envisagées, en plus de participer à des opérarions de relance de leur destination en lien avec leur office ou comités départementaux et régionaux du tourisme.

Pour les pros, c'est donc clair, sans un dispositif digital à la hauteur des enjeux, point de salut :

  • l'été dernier, les pros qui "s'en sont sortis" étaient principalement ceux qui étaient bien équipés pour recevoir des réservations en temps réel, en dernière minute, et pour les loisirs, sur des créneaux horaires précis (jauges obligent),
  • les pros qui ont tiré leur épingle du jeu sont ceux qui n'ont pas compté seulement sur les OTAs (Booking, Expedia, AirBnB ...) qui "avaient réduit leur voilure" (publicitaire, notamment) pour cause de pandémie,
  • les pros qui ont surmonté la crise sont ceux qui ont investi à outrance le web (en prenant conscience qu'un site doit être actualisé et modernisé régulièrement), les réseaux sociaux (en proposant de la vente et de la réservation via leurs pages), les sites d'avis (TripAdvisor, Google, Booking, etc) et en vendant des produits exclusifs (cartes-cadeaux, click-and-collect ...),
  • sans parler de ceux qui se sont entraidés et se sont vendus multuellement à travers des plateformes (comme elloha) qui proposent "La Conciergerie".

Normal, dès lors, que la digitalisation figure en bonne place des priorités du moment...

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Les DMOs et les territoires en contrepoint

Enfin, les DMOs (Destination Management Organizations) ou OGD (Organismes de Gestion de la Destination) que sont les offices et les comités départementaux et régionaux du tourisme restent des acteurs influents sur la reprise, selon les pros.

Pour une grande majorité d'entre eux (52,5%), promouvoir la destination reste la priorité, surtout dans un contexte de vacances très franco-françaises (et oui, c'est tant mieux, ce sera encore la cas en 2021 !) où, cette fois-ci, la concurrence entre les régions sera un peu plus aiguisée, semble-t-il ...

Les mesures touchant à leur trésorerie ne sont pas non plus oubliées comme l'annulation de la cotisation annuelle (49,2% des répondants) qui a été massivement mise en place au printemps dernier, déjà.

On le voit aussi, le "gros des attentes" portent sur l'accompagnement des pros pour les aider à mieux concevoir et diffuser leurs offres, mais aussi pour les aider à mieux maîtriser les aspects de leur digitalisation (voir plus haut). Enfin, les opérations de financements (via des coupons) de séjours aux vacanciers (comme ce fut le cas, dans certaines régions l'été dernier) ne semblent pas susciter un grand emballement. Ces "aides", en effet, sont jugées peu équitables par les répondants puisqu'elles ne profitent qu'à une poignée de pros et non pas, via un dispositif d'aide plus global, à l'ensemble de la communauté des entreprises du tourisme et des loisirs d'un territoire ... Au-delà du "buzz" qu'elles ont suscité, il semble donc qu'elles interrogent, localement, sur le principe même de leur efficacité et de leur équité vis-à-vis des pros...

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Des attentes, mais surtout de l'impatience

Les pros sont dans les "startings blocks" même s'ils savent que le temps va être long d'ici au printemps ... Pour autant, l'état d'esprit est différent du printemps dernier. Beaucoup ont la conviction que la reprise sera plutôt bonne et qu'elle confortera la résilience de leur entreprise. Pour autant, cette fois-ci, les enjeux sont un peu mieux connus: être prêt pour le "top départ" (quand ?) et maîtriser les arcanes d'un marché et de consommateurs désormais largement dominé par la dimension digitale ...