Les stations de ski seront (peut-être) fixées le 10 décembre

La question du moment est sur toutes les lèvres (gercées) en montagne: les stations de ski ouvriront-elles pour Noël ... et donc, les réservations qui vont avec ? Bien inspiré sera celui qui répondra par l'affirmative ou la négative tant les signaux "faibles" sont contradictoires. Une chose est sûre, les "montagnards" seront fixés le 10 décembre prochain ...⛷

Du côté des autorités

"Il est encore trop tôt pour savoir si et quand les stations de ski pourront rouvrir", confiait ce samedi, au Figaro, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au Tourisme. Bien sûr, tout dépendra de la situation sanitaire qui, si l'on observe un fragile mieux, ne devrait pas coïncider automatiquement avec un déconfinement radical (là-dessus, tous les esprits sont bien préparés).

Côté transports, si la SNCF a annoncé un rétablissement de 100% du trafic avant Noël (ce qui pourrait être interprété comme un signe positif), vendredi, le ministre aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a indiqué "qu'il était encore trop tôt pour dire si les trains pourront circuler à Noël". L'annonce de la SNCF n'étant considérée que comme une intention de mettre en ordre de marche ses machines et ses équipes. Le coup de sifflet final, lui, ne sera donné qu'au dernier moment par le gouvernement lui-même.

Côté "social", Elisabeth Borne, la ministre du travail, a invité les stations de ski à confirmer le recrutement de ses "saisonniers" quitte à devoir les placer en chômage partiel si l'Etat décidait de bloquer l'ouverture des stations de ski pour les vacances de Noël. D'après France Montagnes, ces recrutements concernent près de 120.000 personnes.

Difficile, en conséquence, d'interpréter les déclarations des autorités gouvernementales dans un sens ou dans l'autre; même si l'excès de prudence ferait plutôt pencher la balance à la défaveur d'une ouverture à Noël.

Une chose est certaine:sous la pression du comité de filière (Ski et Montagne et, plus globalement, tourisme), l'Etat s'engage à donner une orientation finale, au plus tard le 10 décembre prochain pour permettre aux stations et aux opérateurs (transporteurs, hébergeurs ...) de s'organiser en conséquence ... ou de se remettre en hibernation économique jusqu'aux vacances de février, prochain grand carrefour.

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Du côté des transporteurs

Si la SNCF a annoncé la mise en place de 100% de ses lignes avant Noël (voir plus haut), l'annonce n'était, en fait, que technique (pour permettre à ses collaborateurs, notamment, de se mettre en "chauffe"). Pour autant, ce week-end encore, la réservation d'un train au départ de Paris pour se rendre à Tignes (par exemple) était tout bonnement impossible (voir ci-dessous).

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🚌 Ce weekend, il était encore impossible de réserver un billet vers les stations alpines, par exemple

Si la SNCF ne prend encore personne sur son quai de gare, le message annonce aux clients impatients de se rabattre sur d'autres moyens de transport, dont le bus. Mais, là aussi, aucun moyen de se déplacer en montagne et ce, jusqu'au printemps prochain: de son côté, en effet, Blababus (l'ex-filiale de la SNCF confiée à Blablacar), confirmation a été donnée que l'arrêt "temporaire" de son service d'autocars, en vigueur depuis le 1er novembre, serait poursuivi jusqu'au printemps. Donc, pas de bus pour aller en montagne d'ici la fonte des neiges.

Côté Blablacar, si le covoiturage reste autorisé pendant le reconfinement et permet de répondre à la demande de transports de manière plus flexible, qu'en serait-il dans une phase de "déconfinement progressif" pour laquelle on ne sait pas encore si les déplacements inter-région seront autorisés et s'ils le seront pour des motifs autres que professionnels. Et puis, faut-il le reconnaître, le covoiturage ne résoudra pas à lui seul les besoins d'acheminement dans les stations de sport d'hiver.

https://blog.elloha.com/2020/11/14/covid-musclez-vos-reserves-financieres/

Côté Stations

🚠Toutes les stations sont sur le pied de guerre : sur un marché estimé à 10 Milliards €, Noël et le jour de l’An représentent de 20 à 25 % du total, soit au moins 2,5 milliards de recettes.

Et pour de nombreuses stations - qui sont une très grande majorité à y croire encore - l'ouverture ne doit pas laisser planer de doute sur la continuité de la saison de bout en bout; c'est-à-dire, jusqu'au printemps. En clair, pour les stations, pas de "stop-and-go" qui serait fatal à la plupart d'entre elles.

D'autre part, quid des autres "attraits" de la station ? Les restaurants, les bars, les magasins de locations de ski, etc ... auront-ils le droit d'ouvrir et si oui, dans quelles conditions ? Là aussi, pour les stations, l'ouverture doit être complète pour "offrir aux skieurs une expérience-montagne comme un hiver normal" comme le souligne le patron d'une grande station alpine. Que dire de l'attractivité de stations désertes ou à moitié fermées au niveau des commerces et des restaurants ?..

Ces incertitudes pèsent lourd sur les réservations en cours, évidemment: selon les grands opérateurs du secteur, les réservations pour les vacances de Noël seraient à 20%, à peine, du niveau de celles de 2019. Ces taux seraient même plus bas dans les stations à très forte dépendance étrangère comme Tignes ou encore Courchevel, où les européens pèsent pour plus de 70% du business. Globalement, les belges, britanniques et néerlandais pèsent pour 30% du "trafic" des stations de ski françaises; sans compter sur les espagnols qui représentent une part équivalente sur le massif pyrénéen. Contraintes de transport oblige, mise en place ou non de quarantaines, ce flux de clients devrait être des plus maigres en décembre prochain.

Pour l'heure, les élus et les patrons de station se démultiplient pour négocier l'ouverture à Noël en proposant, notamment, un protocole spécifique (jauges maximales dans les télécabines, files d’attente adaptées, click & collect dans les restaurants et possibilité de déjeuner à l'air libre, sur les pistes, etc ...). Côté skieurs, ce sera masque obligatoire dans les remontées mécaniques et dans les files d'attente. De même, il est question que les secouristes en montagne puissent aussi tenir des centres de depistage gratuits pour les skieurs, les professionnels et les résidents.

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Du côté des opérateurs

Côté skieurs, justement, quel sera l'accueil de ces protocoles ? On pense, notamment, aux familles et aux petits enfants pour lesquels ce genre de procédure risque d'être trop peu compatible avec l'esprit des vacances (et jeter le masque après ces quelques semaines d'école où son port est encore obligatoire).

Selon Travelski (voir plus bas), l'un des plus gros vendeurs français de séjours à la montagne (et filiale de La Compagnie des Alpes), 55% des skieurs considèrent comme essentiel qu'un protocole sanitaire soit mis en place pour sauver leurs vacances.

Toutefois, pour l'heure, personne ne se précipite encore sur les moteurs de réservation qui affichent un score à peine à 20% du niveau des vacances de Noël 2019. Si rattrapage il y a, comme cet été, il se fera donc en toute dernière minute. C'est d'ailleurs ce que démontre l'étude Travelski, avec 54% des français qui prévoient de réserver dès que l'arrêt du confinement sera annoncé. À ceci-près que, cette année, on ne parlera pas vraiment de déconfinement mais de "contraintes plus-ou-moins fortes" selon les éléments de langage du gouvernement.

D'ailleurs, cette incertitude pèse lourdement sur les skieurs puisque 40% d'entre eux s'inquiètent pour leur séjour à la montagne même si plus de deux-tiers d'entre eux ont été rassurés par les conditions d'annulation très souples (aucun frais) proposées par les différents opérateurs.

En conclusion

Il n'y a pas de conclusion ... nous sommes dans la dernière ligne droite où les élus et les managers de stations et les gros opérateurs se battent d'arrache-pied pour obtenir de l'Etat l'autorisation d'ouvrir avant Noël.

De nombreux facteurs peuvent faire basculer la décision dans un sens ou dans l'autre avec, en tête, bien sûr, la situation sanitaire ... et particulièrement, celle des zones concernées. En Savoie, par exemple, rien n'incite à l'enthousiasme tant le coronavirus semble encore peser sur l'hôpital. Ce qui a fait dire à certains médecins que ce ne serait vraiment pas le moment pour surcharger leurs chambres de skieurs blessés sur les pistes comme il y en a des milliers chaque année. Là aussi, la prudence s'impose et le gouvernement prend en compte tous les paramètres. Le temps va sembler long à tous les acteurs de la montagne d'ici au 10 décembre prochain ...