+46% en 2022 malgré la guerre ?

+46% en 2022 malgré la guerre ?

Selon les spécialistes du tourisme réunis (virtuellement) à Berlin pour le traditionnel forum ITB, le plus grand rassemblement mondial de l'industrie du tourisme, 2022 devrait confirmer une forte reprise du tourisme en dépit d'un climat considérablement perturbé par le conflit ukrainien et l'inflation astronomique du prix de l'essence ... Pour autant, tous s'accordent à penser que ce n'est pas encore cette année que le tourisme atteidra les niveaux (ante-pandémiques) de 2019 ...

Chaque année, Berlin accueille le fameux "ITB", le plus grand salon du voyage au monde ou se (pressait) le ban et l'arrière-ban de l'industrie touristique. Cette année encore - l'évènement se déroulait, en virtuel, du 8 au 10 mars - les spécialistes de la prédiction ont partagé leurs analyses sur la fréquentation 2022; une analyse forcément actualisée en raison de la guerre en Ukraine ...

Pour appuyer leurs prédictions, les spécialistes mondiaux se sont appuyés sur les datas (des données massives) collectées et retraitées par Statista Q, une plateforme de données qui emploie plus de 1.100 personnes à travers le monde.

S'agissant du marché du voyage et des loisirs en général, le boss de Statista a affirmé qu'il ressortait de leurs études que "bon nombre des habitudes de voyage qui ont émergé en raison de la pandémie de coronavirus persisteront même après la disparition des infections" et, selon lui, "le chiffre d'affaires du tourisme atteindrait les niveaux d'avant la pandémie seulement en 2023".

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Selon toute certitude, l'univers du tourisme et des loisirs a fait preuve d'une réelle résilience puisque 2021 a permis de constater une augmentation de 36 % de la croissance par rapport à 2020.

Cette année, la croissance devrait continuer de rester forte, en s'établissant probablement à 46 %, soit le taux le plus élevé de ces dernières années.

D'ailleurs, durant la semaine écoulée aussi, Booking a publié une mise à jour de ses chiffres aux investisseurs en déclarant que : "Au cours de la semaine précédente et jusqu'au dimanche 6 mars, nos nuitées ont baissé d'environ 10 % par rapport aux niveaux de 2019. Le récent ralentissement des tendances en matière de nuitées a été tiré par l'Europe de l'Est, principalement la Russie, et dans une moindre mesure par l'Europe de l'Ouest, qui reste légèrement au-dessus des niveaux de 2019". Donc, pour le géant mondial aussi ... pas d'affolement !

Un impact en raison de la guerre

Pour les experts (virtuellement) présents à ITB Berlin, la guerre en cours en Ukraine ne devrait pas trop déstabiliser ces perspectives :

  • d'une part, Statista relève que les dernières intentions recensées de voyageurs, partout en Europe, s'orientent vers un tourisme toujours et de plus en plus "domestique"; soit une belle année de plus pour le tourisme "intérieur" des pays concernés,
  • et, d'autre part, ces derniers rappellent qu'en 2019, l'Ukraine et la Russie représentaient ensemble 2,6 % d'un total de 1,5 milliard d'arrivées de touristes internationaux, leurs pays voisins d'Europe de l'Est représentant environ 5,3 %. Et de souligner que, selon l'OMT, en 2019, les dépenses combinées de l'Ukraine et de la Russie pour le tourisme émetteur représentaient environ 3,2 % du volume mondial.

Pour ces experts, la situation (sauf si elle venait à gravement dégénérer) ne devrait impacter que très faiblement l'activité touristique car, de plus en plus tournée vers "l'intérieur".

Selon Peter Kautz de chez Statista: "Même après la pandémie, sur la base des expériences précédentes de crises pétrolières, financières et liées au terrorisme, on n'a jamais réellement constaté d'impact durable sur le comportement de voyage".

Des habitudes désormais bien ancrées

Ainsi, même si la guerre (si proche, si loin) agite un spectre certain sur les prochains mois, pour les spécialistes présents à Berlin, les changements de comportements des voyageurs sont moins liés au conflit actuel qu'aux habitudes prises durant le covid ...

"Depuis le covid, précise Peter Krautz, *la plupart des réservations sont désormais deffectuées entre une et quatre semaines avant le voyage proprement dit. Suite à leur expérience pendant la pandémie, les clients attendent désormais plus de flexibilité, et des règles plus transparentes et uniformes en matière de remboursements de la part des professionnels du tourisme"*.

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En clair, là où la première année de pandémie, avait vu l'explosion des réservations de dernière minute, désormais, les voyageurs veulent réserver bien plus tôt mais sans la moindre contrainte (ou si peu ...) dans le cas où ils devraient annuler ou reporter leur séjour. Et de préciser que ces éléments de réassurance sont désormais majeurs, qu'il faut les afficher sur les sites et les moteurs de réservation des professionnels, "puisque ces deux dernières années, on a atteint un minimum de 76% de réservations effectuées en ligne !"

Un coup de pompe ... à cause du pétrole ?

Enfin l'étude précise aussi que, "en conséquence, on constate aussi que l'intérêt pour les assurances (annulation, voyage ...) a considérablement augmenté".

Dernier point et pas des moindres: pour l'heure, les spécialistes ne parviennent pas à mesurer l'impact (forcément nagétif) d'une hausse continue et astronomique des prix de l'essence ... Pour se rassurer, certains invoquent le "bas de laine" conséquent (l'épargne) détenue par les européens et leur envie irrépressible de voyager. Pour les plus optimistes, le prix à la pompe (même élevé) ne devrait pas bloquer les départs en vacances ni se faire au détriment du budget "hébergement et activités"...