Malgré les risques de "freinages" supplémentaires, les Français continuent de préparer les vacances

Le "freinage" et ses mesures ... c'est clair que ça ne donne pas beaucoup de perspectives pour les prochaines semaines. Mais, paradoxalement, cela donne un peu plus de garantie que ces contraintes permettront probablement de "sauver l'été". Après tout, on se retrouve quasiment au même stade que lors du précédent "lockdown" de mars 2020 et l'on a bien vu que l'été avait pu se dérouler dans des conditions à peu près normale ... C'est le pari, semble-t-il, que font de plus en plus de français qui continuent de chercher où partir et se loger et donc, de réserver ...

Ce n'est pas la Méthode Coué ... mais, oui, les français ont un très bon espoir de partir au soleil l'été prochain ! Certes, c'est un besoin vital, mais c'est aussi un horizon à la portée de tous même si les annonces gouvernementales de "freinage" et la 3ème vague qui arrive au galop n'appellent pas franchement à l'enthousiasme le plus débordant. Toutefois, l'expérience de l'an passé aidant, chacun peut espérer - à juste titre - voir un été normal se dérouler; ce qui autorise toutes les projections.

Et c'est clair que, étude d'étude d'opinion après étude d'opinion (même les plus récentes), un peu plus d’un an après le premier confinement, les Français n’ont pas du tout renoncé à partir en vacances cet été. Le contexte est même plutôt encourageant. Une étude développée par Abritel, spécialiste de la location de maisons entre particuliers, prouve qu’à peine 13 % des familles renoncent à des vacances avant 2022:

  • “45 % des familles envisagent leurs premières vacances en France, cette année, entre juillet et septembre”; ce qui zappe les vacances de Pâques pour un grand nombre d'entre elles,
  • Et vers l’étranger, alors ? Seules 27% des familles françaises s’y projettent entre juillet et septembre.

Souvenons-nous de la dégringolade générale de 2020 : la moitié des foyers avait annulé leurs vacances à cause du Covid. En 2021, une certaine habitude à la pandémie a été prise, il y a moins de stress grâce aux vaccins et les perspectives semblent plus certaines. Toujours chez les acteurs majeurs de l’industrie touristique, la résilience n’est pas un mot gadget : “Ça fait un an maintenant, on commence à avoir acquis une certaine expérience du brouillard”, s’amuse Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du voyage, pour décrire la capacité du secteur à supporter la tempête… et ses répliques. Même discours côté hôteliers et propriétaires de campings: les clients seront au rendez-vous, c'est certain ! Reste l'inconnue des déplacements intra-Europe qui peut encore bouger sur pas mal de points ...

Des réservations en hausse pour avril et mai

Cette année, même si les "freinages" et les restrictions de déplacements des franciliens refroidissent pas mal d'ardeurs, les vacances de Pâques devraient profiter des conditions d'annulation proposées par les professionnels, affirme Le Figaro du 23 mars dernier. Certains professionnels annoncent même un taux de réservation supérieur à l’avant-Covid : “On a une recrudescence des réservations par rapport à 2019, +12% sur avril”, affirme Mikaël Quilfen, directeur marketing chez Siblu, exploitant de 21 campings haut de gamme en France (nous vous avons expliqué en janvier pourquoi les campings vont repartir plus tôt que le reste des hébergements). Chez Gîtes de France, on communique des chiffres de réservations pour ce mois d’avril à seulement 4 % de retard par rapport à 2019. “Le mois de mai marche très bien”, rapporte de son côté Quentin Schaepelynck, directeur général de Homair Vacances, spécialisé dans les séjours en mobil-home, qui propose 130 destinations dont 104 en France. Les week-ends de l’ascension (du jeudi 13 au dimanche 16 mai) et de Pentecôte (du samedi 22 au lundi 24) sont particulièrement demandés chez cet opérateur comme dans le reste du pays ...

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Paris "freiné" pour quelques semaines laisse le champ libre à de plus fortes réservations en province. Photo: Léonard Cotte / Unsplash

Le palmarès (du moment) des destinations françaises

Voyager en Europe est, certes, possible dans certains pays (comme l'Espagne qui fait le plein de touristes allemands autorisés à quitter le pays pour le soleil), mais un test PCR négatif est demandé au retour en France. Depuis fin janvier, on ne peut plus voyager à l'international sauf motif impérieux, mais début mars, la France a assoupli les conditions d'entrée et de sortie vers 7 pays extra-européens: le Royaume-Uni, l'Australie, la Corée du Sud, Israël, le Japon, la Nouvelle Zélande et Singapour. N’empêche… le climat général n’invite pas à l’aventure à l’extérieur. “Il n'y a pas de reprise sur l'international” lance Quentin Schaepelynck, qui propose des destinations en Espagne, Italie et Croatie. Pour qui doutaient encore de cette prédiction formulée dès l'automne 2020, la reprise de ce printemps sera française (domestique) et souvent locale.

Voici donc plusieurs tops de destinations, selon les infos collectées depuis janvier par plusieurs opérateurs.

Destinations les + demandées pour le printemps 2021, Homair Vacances
Bretagne
Vendée
Charente
France
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Estuaire de la Gironde © Medoc Atlantique.com
Destinations les + fortes demandes pour l'été 2021, Abritel
Var
Corse du Sud
Gironde
Charente-Maritime

Selon l’enquête Abritel, parmi les 10 départements dont la demande a le plus augmenté par rapport à l’année dernière, 7 sont en métropole et en zone rurale (on retrouve là le pari d’Airbnb concernant les campagnes. Cette tendance laisse penser que les Français recherchent “plus d’espace”, afin de “se retrouver en famille dans des zones moins denses et pratiquer des activités au grand air”, souligne l’étude.

Départements suscitant la + forte hausse pour le printemps 2021, Abritel
Lozère
Vaucluse
Lot (voir notre article sur cette destination)
Territoires suscitant la plus forte hausse pour le printemps 2021, Siblu
Bretagne
Vendée
Façade atlantique
Destinations émergentes pour 2021, UNPLV
Massif central
Côte des Hauts de France
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Les règles d’or restent toujours d'actualité !

Ultra-dernière minute, souplesse et liberté (dans les conditions de réservation et d'annulation) s'imposent toujours autant pour rassurer le client ...

La preuve, les efforts déployés par de nombreux hébergeurs portent leurs fruits : la clientèle est rassurée par les conditions d’annulation et de remboursement mises en place par les professionnels. Elle s'autorise donc à réserver pour Pâques et pour cet été, malgré les incertitudes sur l'avenir, même si elle est partiellement confinée.

"Les gens recherchent des locations où ils peuvent être autonomes", remarque Dominique Debuire, président de l'Union nationale pour la promotion de la location de Vacances (UNPLV) qui vient de succéder à Thimothée de Roux, ex-Abritel. Outre les séjours près de chez soi, la fluidité des paiements crée un climat de confiance absolument indispensable après le long traumatisme lié aux privations. Cette confiance semble en forte augmentation, indépendamment de la courbe du Covid : étrangement, certains clients ont replacé leurs ambitions dans un ordre chronologique : "Jusque-là les gens se projetaient plutôt sur cet été, depuis trois semaines, ils réservent pour le printemps", détaille Mikaël Quilfen (Siblu). La "dernière minute" est une réponse à l’instabilité ressentie par tous, car les français sont toujours en attente de la parole gouvernementale. Si Pâques est en train de passer sous le nez de certaines régions (notamment l'Ile de France), d'autres régions devraient donc en tirer de possibles bénéfices (probablement pour une courte durée). L'attention n'a jamais donc autant été portée que sur les ponts de mai et l'été !

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