Les clients français de Booking veulent plus de chambres "vertes"

L’influence du Covid va survivre au Covid. Un sondage Booking prouve que l’hébergement durable, lié à la sécurité sanitaire et à l’écologie, devient une quasi-obligation… sans fanatisme militant, sans postures snob. L’écologie a acquis cette année de vraies parts de sympathie : après avoir été agaçante, elle devient une évidence.

Souvenez-vous, l’esprit écolo traînait ses clichés il y a encore 10 ans : toilettes sèches inconfortables, achats en vrac, lessive faite soi-même, quinoa, vélo à l’excès, contraintes réglementaires gâchant le bonheur, etc... 10 ans plus tard, certaines valeurs des écolos-bobos se sont fortement introduites dans la société et dans l’hébergement de tourisme : la bicyclette, l’alimentation saine, la conscience forte de l’environnement ont quitté le folklore pour devenir des repères solides. Un arsenal de mots et de labels englobés dans le “développement durable” et la “transition écologique” a quitté la marginalité pour devenir sérieux et (presque) général. Cette année a accéléré le processus, une prise de conscience a émergé : un cap a été franchi avec le coronavirus, et l’École, qui enseigne la préservation de la planète aux jeunes générations. Désormais, tous écolos ! C'est ce que démontre le dernier sondage réalisé par Boking auprès de sa clientèle française; c'est-à-dire, celle qui constituera le "gros" de vos clients encore en 2021.

Nouveau call-to-action

2020, la mort du "mainstream" vacancier

63 % de voyageurs français regrettent le manque d’offres de voyages durables, selon un sondage Booking.com mené auprès de 1000 voyageurs français. Cette proportion est majeure ! Elle démontre un sérieux décalage entre l’industrie touristique et la nouvelle mentalité des clients. Du moins, la perception qu'ils ont des offres touristiques. La crise sanitaire a renforcé la conscience environnementale des voyageurs qui espèrent rencontrer des offres opposées au surtourisme. Dans l’ensemble, ces clients semblent être devenus vertueux, attachés à une éthique naturelle mais encadrée, écologique mais sous contrôle. Tout un défi ! Dans ce même esprit citoyen, ils sont aussi 58 % à vouloir privilégier des vacances utiles pour l’économie de leur destination. Selon cette étude, révélée en novembre:

  • 38 % des sondés apprécieraient davantage de forfaits hors-saison plus intéressants,
  • et 32 % aimeraient que les professionnels du voyage proposent des destinations alternatives; une carte à jouer pour les destinations appelées à plutôt parler de leurs "lieux originaux" que des mêmes plages ou lacs de montagne que leurs destinations voisines (et concurrentes).

Ce qui est clair, en tous cas c'est que l’engagement envers le territoire de la destination et envers ses habitants progresse. Cette prise de conscience appelle donc à revoir sa communication en ce sens. On ne vient plus spécialement se mélanger à des brassages aussi insupportables que dangereux de touristes en masse, mais on vient "s'immerger", "vivre l'authentique" et "aller à la rencontre des gens d'ici" ...

Sondage Booking : l'écologie en force chez les voyageurs
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Comme nous l'avons vu, Booking confirme l'espoir les vaccins anti-covid : 45 % des Français interrogés affirment attendre ce produit avant de repartir en voyage.

L'écologie frappe à la porte de tous les pros

Ces évolutions sont l’occasion, pour le secteur du voyage, d’adapter encore ses offres et son approche. L’industrie de l‘hébergement sort transformée par ces chiffres, qui encouragent les prestataires à accentuer leurs efforts pour satisfaire les exigences de cette nouvelle décennie. Il faut désormais considérer que les valeurs de l'écologie, autrefois rébarbatives, parfois hautaines, sont en passent d'entrer dans la normalité. Épouser ces valeurs, c'est prendre de l'avance sur les années à venir, car une lame de fond est en train de parcourir la planète. En France, le "consommer local" s'est imposé pendant les confinements, le "voyager local" s'est développé dans les périodes de liberté. L'écologie a trouvé sa pertinence pour tous pendant la crise sanitaire. Elle devient un pré-requis pour les hébergements, avec autant d'évidence que le wifi.

Concrètement ?

Toutes ces tendances vous submergent ? Comment profiter de ces vagues, faut-il vraiment tout refaire chez vous pour se conformer au diktat écolo ou "bien pensant" ? En réalité, si ce n'est pas encore le cas, allez-y par étapes. Un exemple: si l'on parle de développement local, insistez sur votre site et dans votre hall d'accueil sur l'origine de vos approvisionnements (s'ils sont locaux bien sûr !), montrez la photo des agriculteurs qui vous fournissent en fruits et légumes, en oeufs, en vin, etc ... Expliquez que vous êtes baigné(e) par ce souci de "faire corps" avec ce qu'il y a de meilleur autour de chez vous. Racontez cette histoire (si elle est vraie, bien sûr) car, comme le révèle l'étude Booking, elle parle forcément à plus de 2/3 des voyageurs. Et si, vous, plutôt que votre voisin, savez en parler mieux que quiconque, vous aurez donc plus de chances d'attirer plus de clients à vous !

Le local est évidence pour vous ? Ne loupez pas sa mise en avant car vos clients adorent! Photo by Erik Mclean / Unsplash

Voyager oui, mais sans improviser

Etude après étude, une chose est certaine, l’envie de voyage reste intacte, voire supérieure, les études que nous avons compilées le démontrent. Quelle est la différence avec le monde d’avant ? L’état d’esprit change, l’insouciance envers le voyage est moins forte, les clients recherchent des informations plus riches et plus précises, à l’identique des voyagistes qui préparent des séjours pour groupes. La transparence fait partie de leurs attentes. Les vacances restent un loisir, mais leur préparation tolère moins d’improvisation et d’imprévus. Cette recherche de sécurité, c’est-à-dire cette élimination des risques, est à relier à la sécurité alimentaire et environnementale. En amont, le voyageur de 2021 va s’assurer qu’il n’y aura pas de grand brassage sur place, à l’inverse des résidences hôtelières et des restaurants. Une fois arrivé, il se comportera en fonction. En 2020, il a découvert le voyage local, qui induit une certaine intimité avec la destination, comme une protection en cas de problème.
Pour les hébergeurs, l’enjeu est d’informer, pour rassurer, en garantissant l’absence de points de rencontre excessives. La psychologie des touristes de demain aura glissé de la passivité (traditionnellement associée aux vacances) à la vigilance relative. La recherche de confort est désormais associée à la tranquillité sanitaire. Cette prudence permanente imposera aux hébergeurs un savant équilibre entre le 100 % plaisir et le “zéro souci". Un certain nombre de comportements va probablement se normaliser, ce qui va changer notre manière de vivre, au quotidien comme pour les vacances. Tout votre art sera de faire de ces contraintes et de ces nouvelles exigences des points d'appui consistants pour votre reprise en 2021 !