2021 : faillites d’hôtels, essor du rural, préparez-vous !

L’année prochaine, l’industrie hôtelière confrontée au Covid-19 connaîtra encore des ravages (chez les plus gros) et un début d’embellie (chez les plus petits). Les données livrées par KPMG, l’Umih et le gouvernement donnent une idée assez précise des scenarii qui se profilent dans votre environnement concurrentiel immédiat ...

2020 aura été une répétition générale pour 2021 ? Du pire au meilleur, voilà ce que vous réserve l’année 2021 selon votre taille, votre implantation géographique, votre cible socio-économique et vos stratégies.
Après vous être familiarisé avec le Coronavirus en 2020 et utilisé un arsenal de précautions sanitaire inédit, 2021 imposera une nouvelle phase d’adaptation. "Les risques de fermeture définitive seront importants", selon la 43e édition de l’étude annuelle de KPMG France, « L’Industrie Hôtelière Française », qui analyse les ratios d’exploitation de 3000 hôtels français et se penche également sur la conjoncture liée au Covid-19. « 30 % des entreprises du secteur pourraient faire faillite », estime pour sa part Thierry Grégoire, président de la commission sociale de l'Umih. Sans compter la ruée (inverse) des bailleurs de locations saisonnières vers la longue durée ... pas sûr que le marché (et la concurrence) de demain ressemblent, à jamais, à ce que vous avez connu hier.

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Stéphane Botz, Directeur National Hospitality chez KPMG France © KPMG

La moyenne gamme s’en sortira plus vite

Le premier semestre 2020 a produit une baisse de 49,4 % des recettes touristiques internationales (selon la Banque de France et le gouvernement). Cet été, 50 % des hôtels ont rouvert leurs portes en région parisienne mais presque 100 % sur les bords de mer. Stratèges, 42 % des 600 propriétaires d’hôtels sondés par le cabinet In Extenso TCH, ont profité de la désertification pour engager des travaux (de simple rénovation à 82%), selon une enquête publiée le 24 septembre.
Si l’automne est difficile pour le tourisme d’affaires (55 % des nuitées), suite aux annulations de salons et à la restriction des déplacements professionnels, Stéphane Botz, Directeur National Hospitality chez KPMG France, affirme que les hôtels économiques et moyenne gamme, positionnés sur un marché domestique, de proximité, vont remonter la pente plus vite que les autres. Les hébergements qui ciblent les clientèles MICE (Meetings, incentives, conferences and exhibitions) et étrangères resteront pénalisés pour quelques trimestres encore ...

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L’État, en sauvetage face aux pertes de 2021 ?

L’année prochaine, les pertes d’exploitation resteront “encore importantes chez de nombreux acteurs, touchés par une diminution des fonds propres et une croissance de l’endettement”, précise KPMG France. Ces difficultés seront surmontées si les mesures d’accompagnement spécifiques à l’hébergement, prises par le gouvernement, sont prolongées. Le trio de mesures défendu par KPMG : la transformation du Prêt garanti par l'État (PGE) en prêt de long terme, le maintien du chômage partiel et des aménagements sur les loyers. Ces trois volets seront “un facteur déterminant de la consolidation de la situation financière des acteurs”. Un “accord branche” défendu par les professionnels auprès du gouvernement défend l’activité partielle de longue durée (APLD), afin de sécuriser les entreprises pour deux à trois ans. Ce dispositif est promis à prendre le relais du chômage partiel assumé par l'Etat, déjà prolongé jusqu'au 31 décembre.

Une aubaine pour les chambres d’hôtes

Les perspectives sont positives à deux ans, c’est à dire 2023, mais le tourisme européen (loisirs et affaires), sera indispensable pour “soutenir l’hôtellerie française” assure Stéphane Botz. Retrouver vos performances d’avant-crise dépendra de votre localisation, de votre positionnement et de votre modèle d’exploitation. A l’inverse parfait des palaces (90 % de clients étrangers), qui vont souffrir encore et ne verront le bout du tunnel qu’en 2022-2023, les structures indépendantes, à échelle humaine, vont connaître une accélération de tendances “grâce” au Covid-19. En effet, des effets très encourageant sont prévus sur les indépendants, car la consommation touristique sera modifiée en matière de...

  • Renouveau de l’offre hôtelière de campagne.

  • Renforcement de la pratique du slow tourisme, en opposition au tourisme de masse (nous avons déjà évoqué la mise à profit des saisons, avec les cueillettes de fruits et légumes etc).

  • Goût pour les hébergements “éco-conçus” et “diffus” (opposés aux ensembles groupés). On pourrait assister à un phénomène de révélation massive des chambres d’hôtes...

A ce sujet, retrouvez ici notre décryptage des aides gouvernementales liées à la transition écologique, insérées dans le “Plan de relance”.

En conclusion : le “monde d’après” profitera aux plus "petits"

Les sources d’information, notamment concurrentes, s’accordent à confirmer la tendance générale au small is beautiful, en version campagne. Au-delà, le retour du succès général sera d’abord lié à l’essentiel, toute une évidence : la réduction du risque sanitaire et la libre-circulation des clients. Les plus petits (hôtels de famille, gîtes et maisons d'hôtes), flexibles et rassurants, vont redécoller sans trop attendre.
Le monde d’après aura profité d’un processus d'accélération de tendances chez les indépendants. Dans le précieux rapport 2020 de l’Organisation Mondiale du Tourisme (UNWTO), il est question de mettre l’accent sur le “développement économique rural, inclusif, durable et résilient”. Cet outil parle aussi de digitalisation et lance la notion d’expérience de voyage “durable et améliorée”. A vous d’en jouer.