Airbnb lance l'annulation à la carte

Airbnb lance une option d'annulation flexible payante, permettant aux voyageurs un remboursement complet jusqu'à 24h avant l'arrivée. C'est un virage fintech majeur qui redéfinit la relation entre hôtes et plateformes.

Airbnb lance l'annulation à la carte
Le géant de la location saisonnière, Airbnb, vient de faire un mouvement stratégique qui pourrait bien redessiner le paysage de l'hospitalité. Et, coup double ! Airbnb se positionne désormais sur le terrain de la fintech avec une option d'annulation pour le moins inédite ...

Une nouvelle fonctionnalité discrètement déployée dans les écrans d'Airbnb permet désormais aux voyageurs de s'offrir une flexibilité inédite. Une nouveauté estivale qui, comme on s'en doute, n'est pas sans soulever de nombreuses questions chez les hôtes.

Airbnb se met à l'heure de la "Fintech Voyage"

Il s'agit, en effet, d'une grande première pour Airbnb. L'introduction d'une option payante baptisée "annulation étendue" repose sur concept assez simple au potentiel immense : moyennant un supplément réglé au moment de la réservation, les voyageurs peuvent désormais annuler leur séjour pour n'importe quelle raison et obtenir un remboursement intégral, et ce, jusqu'à 24 heures avant leur arrivée. Même s'il s'agit d'un changement d'avis de dernière minute !

Cette initiative, qui n'a pas encore fait l'objet d'une annonce officielle majeure, est déjà active dans une douzaine de pays clés, dont les États-Unis, le Canada, l'Irlande ou les Pays-Bas. Une discrétion qui cache sans doute une phase de test grandeur nature, avant un déploiement plus global. Comme Airbnb procède habituellement pour ses "innovations de rupture".

Pour l'heure, le montant de cette commission et l'identité du partenaire tiers qui gère cette offre restent confidentiels. Mais une chose est sûre, Airbnb s'inspire du succès d'acteurs comme Hopper, qui a prouvé la rentabilité des services financiers liés au voyage.

Comment ça marche ?

C'est là que les choses risque de se corser, ou du moins, se complexifier pour les propriétaires. La plupart des annonces avec des politiques d'annulation modérées, limitées, fermes ou strictes sont automatiquement incluses dans ce dispositif. Pour ne pas en faire partie, il faudra donc explicitement s'en désengager.

Mais, bonne nouvelle, si un voyageur utilise cette option, la rémunération ("nette", du propriétaire) reste intacte, selon les termes de la politique d'annulation initiale. C'est donc Airbnb, via son partenaire, qui assumera le coût du remboursement au client.

💡
Brian Chesky et son laboratoire IA hors des murs d'Airbnb ? Brian Chesky, le big-boss d'Airbnb, vient de constituer un laboratoire de recherche en IA indépendant et financé par des fonds privés. Premièrement, Airbnb s'est engagé auprès des investisseurs à maintenir un modèle "capital-light" sans investissements massifs dans les infrastructures d'IA. Créer ce laboratoire à l'extérieur permet à Brian Chesky de poursuivre ses ambitions technologiques sans impacter les comptes de l'entreprise ni faire chuter une action déjà stagnante depuis son introduction en bourse en 2020. Deuxièmement, le marché actuel valorise fortement l'ambition dans l'IA ; cette structure externe offre donc une perspective de croissance indispensable pour séduire les ingénieurs sans renier les engagements financiers de la maison-mère. Troisièmement, Brian Chesky est convaincu que les interfaces textuelles actuelles (type chatbots), conçues pour les entreprises, sont inadaptées au secteur du voyage, qui est intrinsèquement visuel et collaboratif. Ne voulant pas attendre que les géants de la Tech s'emparent du marché grand public, il développe donc un modèle nativement axé sur l'interface utilisateur. Quatrièmement, Brian Chesky affirme vouloir tirer les leçons de l'échec de Mark Zuckerberg avec le métavers.

Cependant, les implications ne s'arrêtent pas là. Aux US, des gestionnaires de plusieurs logements pointent l'accroissement du risque de dernière minute. Car, selon ces derniers, "même si vous êtes payé, la flexibilité accrue pour le client signifie plus de probabilités d'annulations tardives". Autre souci en cas de succès de cette fonctionnalité, celui de la gestion du planning : "un logement libéré 24 heures avant l'arrivée est un défi logistique pour un établissement hôtelier, un gîte ou un camping". Relouer à la dernière minute peut donc devenir un casse-tête, surtout en haute saison. Cependant, dans certaines destinations et selon les périodes, les hébergeurs ne peuvent ignorer ce phénomène ... remboursement ou non accepté par Airbnb. Enfin, certains pointent une dépendance accrue qui renforce le rôle d'intermédiaire d'Airbnb, en offrant une garantie que ce derniers ne peuvent pas proposer directement.

Un pari gagnant-gagnant... ou pas ?

Pour Airbnb, l'enjeu est clair : diversifier ses sources de revenus et renforcer sa position de "super-app du voyage". Car, pour les clients, cette fonction est avant tout la promesse d'une tranquillité d'esprit inestimable. Mais pour les hôtes, la balance semble plus délicate.

Cependant, cette incursion d'Airbnb dans le monde de la fintech n'est pas un cas isolé. C'est un signe fort de l'évolution du secteur du voyage, où les plateformes cherchent à offrir toujours plus de services intégrés et à capter de nouvelles parts de marché. La flexibilité devient un argument de vente majeur, et les assurances annulation "pour toute raison" sont, en effet, de plus en plus plébiscitées par les voyageurs.

Nouveau call-to-action