Le covid a fait gagner 5 ans aux attractions touristiques !

Cet été, 1 visiteur sur 2 au moins a réservé ses attractions par internet ou mobile ! "Grâce" au covid, la digitalisation des activités et des loisirs avancent à un rythme cinq fois plus rapide que celle qui a touché les hôteliers ! Selon l'étude menée par Arival, le spécialiste mondial du sujet, l’état d’esprit des voyageurs a profondément changé : moins d’improvisation, plus de planification, exactement comme pour les hébergements ou les billets d’avion. Cette tendance doit durer, au bénéfice des entreprises touristiques des loisirs qui enregistrent +20 % de réservations de billets en plus par rapport à 2019.

Il faut l’avouer, le secteur des attractions touristiques a été longtemps à la traîne en matière de billetterie digitale et de réservation en ligne. S'il faut reconnaître que de nombreux obstacles opérationnels (selon les entreprises, leur marché "naturel", etc...) ont rendu plus complexe leur digitalisation que les hébergeurs, aujourd'hui, il n'en est presque rien ! La pandémie a, c'est un fait, rapidement accéléré la réservation en ligne, ce qui a permis à ce secteur de rattraper son retard. Cette période épidémique qui va probablement s’achever a modifié l’art du voyage, plus près de chez soi, davantage en plein air et plus en famille. Mais, dans l'ère post-pandémie, ces habitudes de réserver ses loisirs en ligne resteront ancrées chez les consommateurs qui y ont trouvé un véritable confort, une qualité de service supplémentaire qui distingue un pro des loisirs d'un autre.

Le contexte sanitaire a créé un appel d’air, qui a permis une forte croissance des canaux de réservation en ligne pour les attractions, parcs d'attractions, sites et monuments, musées, zoos, aquariums et autres. En 2021 et 2022, les achats de billets dédiés se font et se feront en passant par le site Internet d'une attraction ou d'un OTA spécialisé dans le domaine (Viator, GetYourGuide ...).

S'il y a 20 ans, on faisait la queue à l’entrée des musées, il y a 10 ans, la réservation en ligne progressait timidement et désormais, une majorité avérée de voyageur planifie et réserve ses visites au même titre que leurs hébergements. Le virus les a rendus prévoyants ... et cette prévoyance - qui vous permet, par exemple, d'arriver au cinéma sans avoir à faire la queue - est du goût d'une majorité de consommateurs (et pas que les plus jeunes).

La tendance, amorcée dès 2018, a été radicalement boostée par le virus, surtout pour les voyageurs de 18 à 55 ans, selon l’étude "Comment les attractions touristiques peuvent s'adapter au nouveau parcours d’achat des voyageurs", publiée fin août par Arival et Go City. 1000 consommateurs ont été interrogés au sujet de leurs voyages effectués ou prévus entre juillet 2021 et juin 2022.

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Comme on le voit, 47% des voyageurs ont réservé leurs loisirs en ligne (contre 28% deux ans auparavant) tandis que la billeterie sur place et celle par téléphone ont subi des baisses historiques ... et irréversibles !

Ces 3 tendances, liées au Covid, poussent les voyageurs à planifier plus tôt et en ligne pour les raisons suivantes:

  • L'ouverture incertaine des attractions touristiques,
  • Leurs dispositifs sanitaires,
  • Les jauges maximales, qui ont accéléré l'achat anticipé de billets.

Et le fait que le meilleur moyen de trouver des réponses à ces questions se trouve sur le site des attractions elles-mêmes qui - pas folles - disposent aussi sur leur site un moteur de réservation digne de ce nom (on en connaît un au cas où ...😉).

Le budget "attractions et visites" fait un bond inédit

La période 2021-2022 est celle d’un boum des dépenses de voyages réservées aux attractions et visites variées et l'été 2021 en est la parfaite illustration. Cette hausse s’établit au sein du budget global de vacances, de sorte que les clients ne dépensent pas beaucoup plus qu’avant, mais ils dépensent différemment. Ce glissement dévoile une envie plus forte de vivre des expériences, observent Arival et Go City.

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Succès et infortunes des types d‘attractions, de 2019 à 2021-2022 :

  • Sites naturels : + 8%
  • Monuments : -4%
  • Musées : -1%
  • Parcs à thème : +7%
  • Zoo et aquariums : +7%
  • Observatoires : +8%

Parmi ses préconisations, l’étude insiste sur la mise en place d’options au sein des attractions, mais elle déconseille les tarifs promotionnels "car le prix devient secondaire". Elle invite les propriétaires à "explorer de nouvelles opportunités de ventes incitatives et croisées". Ainsi, rien de mieux qu'un bon moteur de réservation pour proposer (et ou tester !) une multitude d'offres supplémentaires (visites privatives, de nuit, de nourrissage des animaux, etc ...). En n'étant pas limitée dans la proposition (en temps réel, avec prix et disponibilités) de ces offres, l'entreprise multiplie ses chances de pouvoir toucher des types de publics très différents.

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Le lastminute a chuté de deux-tiers !

La pandémie aurait fait chuter le lastminute dans la réservation d’attractions, qui était une habitude ordinaire (prendre son billet au moment de l'accès au site était une évidence). L'achat le jour même est tombé à 14%, ce qui contente tout le monde : autant le voyageur qui planifie de plus en plus tôt que le propriétaire du site, qui doit contrôler sa capacité. Cette progression de la réservation en ligne reflète la nouvelle façon d’envisager les week-ends et les vacances. Prévoir ses vacances ne signifie plus seulement réserver un hébergement, c’est-à-dire trouver un port d’attache pour pouvoir, dès lors, laisser libre cours à ses envies. Plus ça va, plus les clients ont un véritable agenda de vacances.

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Les propriétaires doivent garder leurs positions face aux OTA

Ces évolutions ont leurs avantages commerciaux, car les réservations à l'avance, et en ligne, permettent aux propriétaires de gagner en visibilité.

L’identification des attractions s’effectue 7% de plus grâce à leurs propres sites Internet (avec des chances de réservations directes augmentées), et 5 % de plus grâce aux OTAs spécialisés qui montent en puissance.

On voit aussi que la "recommandation d'hébergeurs" (ce que l'on appelle La Conciergerie" chez elloha) monte en puissance en passant de 9 à 19% des prescriptions de réservations !

Comment les voyageurs découvrent-ils les attractions ? 2018 2021
OTAs 33% 38%
Sites des attractions 30% 37%
Réseaux sociaux 16% 25%
Recommandations d'hébergeurs 9% 19%
Au hasard de balades et sorties 17% 22%

Arival et Go City encouragent donc les opérateurs d’attractions à proposer un parcours d’achat digital "simple et convaincant", grâce à des sites Internet de plus en plus efficaces : la facilité d’achat convainc 38 % des voyageurs, contre 22 % qui regardent d’abord le prix… L’expérience digitale doit être impeccable ! Une fluidité renforcée leur évitera de "perdre ces nouveaux gains au profit des OTAs, en particulier lors de la reprise des voyages internationaux". Nous voilà fixés pour 2022 !

Pour que cette tendance persiste (voire se renforce) à mesure que la pandémie reculera, les opérateurs d'attractions doivent aussi être attentifs à la demande de flexibilité exprimée par les clients, exactement comme pour les hébergements. Annulations (de dernière minute ou pas), réservations modifiées… L’ensemble des possibilités doit-être envisagé, pour ne pas être subi. 18% des voyageurs se déclarent moins susceptibles de visiter une attraction si on les oblige à respecter un créneau horaire précis.

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En résumé

Les attractions touristiques n’ont pas échappé à l’accélération de l'inclusion technologique, comme bien d'autres activités marchandes. Cet effet du Covid est un facteur potentiel de stabilité pour ce secteur en particulier, car les lieux de loisirs et de visites sont devenus aussi réservables que les éléments "vitaux" des séjours (transport et nuitées).

Le concept de vacances évolue donc encore, vers plus de prévision et de maîtrise. Les gestionnaires d’attractions et de sites touristiques ont intérêt à renforcer l’expérience client pour prolonger durablement la tendance actuelle, qui leur est favorable. Dans l’après-pandémie, leurs produits de vacances devraient conserver leur succès grâce à une digitalisation plus-que-renforcée, mais accompagnée de plaisir, en famille et entre amis, car le digital est un canal, mais l’expérience client est devenue encore plus précieuse, sous l'influence du Covid.