Le virus a-t-il un effet sur la durée des séjours ?

La version 1 du Covid-19 a invité les clients à voyager moins, mais plus longtemps. Ce phénomène peut s’accentuer avec le virus mutant, qui est plus fort et plus contagieux, face à une immense envie d’évasion, compte tenu des restrictions.

On n’a pas fini de parler des répercussions du Covid-19 sur la durée des séjours en hébergement ! L’état d'urgence mondial lancé le 30 janvier 2020 a provoqué de rapides changements dans la vie de tous et dans les pratiques des hébergeurs, nous avons abondamment traité et souvent devancé ces évolutions. Il y a un an, quel fou aurait imaginé porter un masque dans la rue ? À l’issue de 12 mois d’expérience, on constate que l’envie d’ailleurs reste forte, plus forte encore que l’été dernier, car les restrictions instaurées par le gouvernement transforment parfois les voyageurs en véritables “lions en cage”. Le besoin d’évasion est accru, de nombreux voyageurs sont sur les starting-blocks pour s’offrir des vacances, oui mais… Qu’en est-il des rejetons du coronavirus ? Anglais, sud-africain, japonais, ces variants se propagent et se mêlent à la souche originelle. L’Organisation Mondiale de la Santé les prévoit plus contagieux et susceptibles de provoquer une nouvelle explosion de la pandémie, qui a déjà fait deux millions de victimes. L’arrivée de ces nouvelles versions est inévitable, avec une généralisation courant mars en France, lorsque le variant britannique deviendra dominant dans l’Hexagone, selon Santé publique France. L’épidémiologiste Vittoria Colizza juge que la circulation du virus sera “bien plus difficile à contrôler” et appelle des “mesures plus strictes”. Le climat peut devenir anxiogène pour les plus craintifs, les lenteurs de la vaccination ne devraient pas arranger la situation.

Des séjours deux fois plus longs aux USA

Paradoxe, ou réaction humaine face à la crise ? La durée moyenne de séjour est de nouveau à la hausse après avoir légèrement diminué à l'automne, assure le producteur de logiciels dédiés Guesty, basé en Israël. Cet allongement “n'est pas surprenant compte tenu de la découverte d'une deuxième souche plus contagieuse”, observe cette entreprise. Il est renforcé par les évolutions de 2020, qui ont multiplié les réservations de dernière minute et les politiques d'annulation flexibles. Un regain de confiance pointe son nez, car les voyageurs se prépareraient à concentrer les risques sur un seul séjour, pour réduire leur exposition à la pandémie, tout en satisfaisant leurs désirs de passer du temps ailleurs. On peut donc s’attendre à moins de séjours fractionnés et plus de vacances long play, comme autrefois. Ce choix très binaire (partir franchement, ou rester chez soi) est une tendance à observer, selon l’évolution du virus mutant. Attention ! Guesty compare 2020 et 2021, avec ce constat : “les réservations effectuées au premier trimestre 2021 sont beaucoup plus longues aux États-Unis et au Royaume-Uni”, qui affichent tous deux un nombre record de personnes infectées. “À mesure que le vaccin entrera en vigueur, la durée du séjour diminuera probablement, car les personnes ne resteront pas au même endroit aussi longtemps”, anticipe l’entreprise. La tendance est attendue tout au long de ce 1er trimestre 2021 : les réservations de clients britanniques sur Booking y sont 65 % plus longues que celles du 1er trimestre 2020, soit une moyenne de 6,6 jours au total. Aux USA, la hausse atteint 100 %, soit 9,1 jours ! Et le last-minute a la cote dans ce même pays, avec 14% de réservations effectuées le jour même du check-in (!) et 36% moins d'une semaine avant.

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Les mesures “coronavirus +” s’imposent chez les hébergeurs

Nettoyage impeccable des poignées de portes, des télécommandes de téléviseurs, paiement sans contact, distanciation… l’arsenal de mesures a été parfaitement adopté par l’immense majorité des hébergeurs. Pour la suite, la version “hard” de la pandémie impose un durcissement des mesures de précaution. En mode ultra, le modèle américain des hôtels sans aucun contact fournit une piste, mais la manière la plus réaliste, pour les hébergeurs indépendants, est de mettre en place une version encore plus irréprochable de leurs règles internes. Puisqu’on assistera à deux dynamiques épidémiques simultanées, le SARS-CoV-2 « ancien » et le SARS-CoV-2 « nouveau », il sera nécessaire d’informer encore mieux, de protéger davantage et d’afficher ce redoublement de précautions. Rassurer encore plus, avec l’expérience acquise l’année dernière. Un vrai défi de dépassement, imposé par les effets du virus.