Des séjours plus longs en 2021 et des dépenses en hausse

"Ça se finira bien un jour ..." ou "On vivra avec ...", ou encore "On finira par s'habituer aux stops-and-go...". Quand on les interroge, voyageurs et pros du tourisme ont tous la conviction que "leur heure viendra tôt ou tard". Celle où chacun repartira respirer ailleurs, en famille, en solo ou entre amis ... où les pros connaîtront à nouveau un flux de clients à leur accueil. L'occasion, selon les toutes récentes études, de partir plus longtemps et de dépenser un peu plus d'argent qu'auparavant dès ce Noël si particulier ...

Petit à petit, chacun s'habitue à la "nouvelle donne", soit un quotidien sans grandes perspectives avec de courtes "fenêtres" de déconfinement où un sentiment de vie "normale" peut revivre le temps d'un stop-and-go hivernal, printanier ou estival.

Tablet Hotels, une branche pro du guide Michelin, a dévoilé de nouvelles données qui montrent que les consommateurs se sentent de plus en plus optimistes quant à leur possibilité de partir en vacances en 2021: selon leur dernière étude, la proportion de voyageurs réservant à 90 jours et plus (ce que l'on appelle la "fenêtre de réservation") serait en croissance de 208% entre le 1er novembre et le 9 décembre par rapport à la période de quatre mois précédente. Les données indiquent qu'il y a une forte demande refoulée de voyages et que les consommateurs sont de plus en plus confiants quant à voyager en toute sécurité à nouveau au cours de la nouvelle année alors que les efforts mondiaux de vaccination s'accélèrent.

Et, à cette occasion, les voyageurs comptent bien s'en donner à coeur joie: selon les prévisions de Mondial Assistance, les dépenses des voyageurs (de l'hiver 2020) devraient s'apprécier à 724 euros par tête au lieu de 694€. Et comme cet argent se dépensera essentiellement en France, hébergeurs et pros des loisirs devraient en être les grands bénéficiaires.

Selon OpinionWay & Mondial Assistance, le budget "Voyages" de Noël 2020 sera supérieur à celui de Noël 2019 alors que les contraintes sanitaires étaient inexistantes en 2019.

Même si les contraintes sont nombreuses (et le risque d'un reconfinement élevé), les plus motivés des voyageurs ne resteront pas chez eux pour ce Noël et le début de l'année. Ski ou pas, bars et restaurants fermés ou pas, beaucoup d'entre eux comptent partir ces jours-ci comme pour profiter d'une courte "bulle" avant un éventuel nouveau tunnel de contraintes sanitaires ... comme toutes les voix officielles commencent déjà à nous y sensibiliser...

Un printemps "bas de laine"

Ce second tunnel devrait aussi, d'une certaine manière, profiter à la reprise (quand ?) touristique de 2021. Le (premier) confinement du printemps a, en effet, été positif pour l’épargne. Les Français, privés de bars, restaurants, loisirs et déplacements (carburant), ont fait des économies, même si leur budget "courses" a augmenté. Certes, la peur de l'inconnue, a joué sur leur consommation globale qui a baissé de 35 %, comme l’Insee le révélait le 9 avril, mais l’accumulation d'épargne a représenté un incroyable pactole de 55 milliards d’euros, selon l'Office français des conjonctures économiques. C'est ce scenario qui devrait se reconduire dans les cinq prochains mois. Et à terme, "il faudra bien que cet argent circule quelque part", une fois la confiance rétablie, affirment les économistes. Déjà, l'été dernier, le budget vacances était supérieur à la normale et ce, même si 27 % des Français l’ont réduit selon VVF Ingénierie. Cette baisse a d'abord touché la restauration (pour les raisons que l'on sait ...) à 44% tandis que l'hébergement n'était touché qu'à “seulement” 22% et encore, avec de fortes variations régionales. Ces indications sont importantes pour la suite…

Nouveau call-to-action

L'épargne hivernale devrait profiter aux vacances du printemps et de l'été

Le confinement n'a pas que la vertu de bloquer la diffusion du virus, il stimule fortement les envies de partir, de s'évader. Et c'est probablement le scenario qui nous attend pour 2021 : une consommation massive de tourisme et de loisirs avec, probablement, des budgets sérieusement augmentés pour compenser l'hibernation forcée des prochaines semaines.

Si cette fin d’année, le bas de laine national est encore colossal et l’envie de vacances intacte chez une très grande majorité de français, il est vrai, toutefois, que dans les faits la fréquentation touristique ne devrait pas être folichonne en cette fin d'année: à peine 15 % des Français prévoient de partir, contre 24 % en 2019, selon le dernier baromètre Mondial Assistance, fruit d’un questionnaire soumis à 1004 personnes représentatives, les les 2 et 3 décembre par Opinion Way.

Cet hiver, en raison des nombreuses inconnues qui ont régné sur ce qui serait ouvert ou non, les hébergeurs professionnels ne devraient pas connaître la cohue, car 47% des voyageurs déclarent vouloir s’auto-organiser pour dormir et séjourner (famille, amis), afin de limiter les contacts. Heureusement, il y a un mais, qui concerne les 53% qui auront recours aux professionnels : le budget réservé aux vacances sera en légère hausse, à 724 euros par tête==. Autre indicateur précieux : la durée des séjours devrait augmenter aussi, avec une moyenne de 7,5 jours, contre 7 en 2019. Chez AirBnb, une étude de tendances publiée le 16 décembre souligne aussi une hausse des recherches pour des séjours en petits groupes et plus longs, de 5 jours en moyenne.

Les intentions de départ des français pour les vacances de Noël (source : Mondial Assistance)

Partir en priorité, "où" est secondaire !

Depuis le début de la crise et ses "périodes de détente", les voyageurs se demandent s’ils partiront, s’ils partiront pas, s’ils partiront loin ou s’ils resteront par ici, mais partiront quand-même… 56 % ont revu leurs projets de vacances pour Noël et le jour de l’An, pour éviter la foule (22 %), selon Mondial Assistance. Ils choisissent la France à 76%, l’Europe à 14 %. La destination finale n’aura pas toujours été la première désirée, en raison des restrictions, notamment la fermeture des remontées mécaniques. Qu’importe, le choix du lieu de séjour est secondaire. La priorité est de partir ... même si c'est à côté de chez soi. Comme pour l'été dernier, le secrétaire d'Etat au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne a appelé à un “hiver bleu-blanc-rouge" en matière de destinations de sports d’hiver, le 2 décembre. Le gros phénomène observé cet été devrait donc se répéter à petite dose : des vacanciers habitués à partir loin séjourneront plus près, comme remarqué chez les jeunes et les locaux. Pour cette transition Noël-nouvelle année, seulement 10 % des personnes âgées prévoient de partir, contre 22 % des moins de 35 ans.

Pl-neuf-Val-Andr-
Pléneuf-Val-André, Bretagne / DR

Des dépenses dans des villages inhabituels

2020, première année du Covid, a placé des vallées, des terroirs et des communes sous les radars du tourisme, car les vacanciers ont voulu fuir les villes et le brassage. Pour ces vacances de Noël, les réservations effectuées sur AirBnB du 19 décembre au 3 janvier révèlent des destinations inhabituelles, en montagne ou sur les côtes : le Cros (Hérault), village isolé à 600 mètres d’altitude, Senones (Vosges), près de la forêt de Banne, et Pénestin (Bretagne), au bord de l’océan, sont sur le podium. Suivent Pléneuf-Val-André (Bretagne), Le Châtelard (Savoie), Monts-de-Randon (Lozère), Corbières (Alpes de Haute-Provence) et Ry (Normandie). Ce sont autant de retombées pour les économies territoriales, dans des lieux parfois en proie à la désertification. La présence des voyageurs profite à ces lieux, dans le cadre de dépenses supplémentaires à celles de l’hébergement. En 2021, on naviguera donc à vue avec des flux touristiques complètement perturbés par le calendrier des annonces gouvernementales. Difficile, par conséquent, de tirer des plans sur la comète même s'il est certain que l'envie de voyage est plus-que-forte chez une majorité de français et que cette envie sera très majoritairement satisfaite ... au pays. Tout n'est donc qu'une affaire de patience.