Booking se lance dans les tarifs "longue durée"

Nouveau chez Booking : la planification tarifaire à la semaine et au mois. Le but ? Répondre à la demande de séjours plus longs et contrer aussi les ambitions d'AirBnB dans ce domaine. L’avantage pour les hébergeurs ? S'ouvrir à un marché en profonde mutation pour cause de covid ...

Au télétravail (en rapide progression) s'ajoute la nouvelle tendance d'un mix entre travail à l'hôtel et séjour à proximité de son lieu de travail (siège social dans une grande ville ou zone de prospection pour un commercial). Cette tendance au long séjour, bien que plus discrète, s'accélère aussi sous la pression des OTAs qui y voient un nouvel eldorado après les déconvenues du printemps dernier. Et la pression de certains clients - notamment les BabyBoomers qui entendent partir plus vite mais rester sur place plus longtemps comme le révèle la dernière étude d'Amadeus, le géant mondial.

La longue durée meublée explose en France

Dès la survenance de la crise, notamment aux US, et les annulations intempestives décidées par les OTAs (notamment AirBnB), de nombreux propriétaires de locations et d'hébergements ont décidé d'arrêter le court-séjour pour remettre leurs biens sur le marché - plus sûr - du moyen-long séjour. Les OTAs, voyant des pans entiers de leurs stocks disparaître, ont accompagné le mouvement avant d'en faire, à leur tour, un nouveau cheval de bataille commercial.

Le long séjour (de quelques semaines à quelques mois, pour un cadre d'entreprise, un haut fonctionnaire, une personne en formation continue ...) est un marché "silencieux" qui pèse pourtant des milliards de dollars de revenus. Quelque peu délaissé par les propriétaires d'appartements attirés par les gains rapides et exponentiels du court-séjour, ce marché redevient à la mode auprès des bailleurs qui, manifestement, ont du mal à se faire au turnover des clients, toutes les semaines ... surtout quand ce turnover s'interrompt pour cause de covid ...

En France, dans les grandes villes où le phénomène AirBnB a vu des logements entiers se destiner aux touristes, le reflux est plus-que-palpable. Selon SeLoger, les annonces "longue durée" ont respectivement augmenté de 91%, 84% et 67% dans des villes comme Bordeaux, Nice et Paris. Et de constater, qu'à l'inverse, les annonces de locations courte-durée ont chuté dans les mêmes proportions ... Le phénomène s'étend au-delà des grandes villes puisque des reflux du même type sont constatés partout en France ... ce qui devrait rebattre les cartes du marché purement touristique en orientant ces clients de locations courte-durée vers les hébergements "marchands" notamment.

AirBnB a été la première grande plateforme à rejoindre le "mouvement" (déjà occupé par des plateformes de plus "petite" taille et spécialisées dans le long séjour). Au départ, pour AirBnB, c'était un peu sur le mode "Sauve Qui Peut" car le géant mondial a constaté une véritable hémorragie d'adresses prestigieuses qui ont quitté ses pages pour revenir sur des sites de long séjour. Après quelques mois de retour d'expérience, il ne fait aucun doute pour AirBnB que le long stay est un marché juteux à part entière.

Il n'en fallait pas plus pour que Booking, son rival de toujours, décide d'investir aussi ce marché. C'est la raison pour laquelle, le leader mondial introduit dans le monde entier la planification tarifaire hebdomadaire et mensuelle. Cette nouveauté répond à la demande croissante des clients envers des séjours plus longs. Le leader des OTAs souhaite aussi aider ses partenaires hébergeurs à augmenter leur taux d'occupation.

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Comprendre les tarifs hebdomadaires et les tarifs mensuels

Quel est le principe ? Le plan tarifaire hebdomadaire chez booking exige une durée minimale de séjour de 7 nuits. Pour le plan tarifaire mensuel, la durée de séjour est de 28 nuits au minimum. Les partenaires peuvent définir et programmer ces produits de séjours comme des plans tarifaires de base, avec souplesse, selon leurs besoins, selon la saison et la politique d'annulation de leur choix. Le mode d’emploi est indiqué sur la page “Comment configurer une durée de séjour minimum ou maximum ?”.

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Photo by Jonas Jacobsson on Unsplash

Hébergements sécurisés : “j’y suis, j’y reste”

Alors que plusieurs segments de voyageurs (couples, familles, voyages d’affaires, nomades du digital, expatriés, étudiants) recherchent de plus en plus des séjours plus longs (la crise sanitaire, encore…), une certitude émerge : l’envie de logements alternatifs aux hôtels représente 40 % au deuxième trimestre de cette année (au point culminant de la Covid). Gianbattista Vespucci, directeur commercial de Booking.com, voit dans cette proportion "une valeur stable, voire dotée d’une marge de progression, car les voyageurs accordent plus que jamais la priorité à leur vie privée, à leur espace et à leur liberté". Ces paramètres sont exactement ceux des chambres d'hôtes et des hôtels à taille "humaine". Ce format d’hébergements est d’autant plus recherché que l’industrie hôtelière est associée à la foule, avec la présence potentielle des fameux “clusters” de Coronavirus... et ce, même si ce sentiment est injuste compte tenu des efforts sanitaires inédits accomplis par les hôteliers de toute taille. Les petites propriétés, plus rassurantes que les bâtiments anonymes et impersonnels, profitent déjà de séjours plus étendus, selon l’idée simple : “j’y suis, j’y reste, car j'y suis en sécurité”.

Les hébergeurs ont la tâche plus facile

Selon Booking, en plus d'aider les hébergeurs à sécuriser leurs revenus à plus long terme, la présence de clients sur des durées plus longues réduit les coûts de main-d'œuvre en entretien et renouvellement des chambres. Pour Booking et les autres OTAs, le panier moyen quant à lui sera bien sûr plus élevé ... La logistique est réduite et la charge mentale (ou “pression opérationnelle”) des hébergeurs semi-professionnels est allégée, notamment chez ceux qui vivent plusieurs vies en une : employés pris sous d’autres feux, retraités qui souhaitent une vie sans contraintes, gestionnaires de plusieurs gîtes et chambres d’hôtes. Les tracas opérationnels sont chassés, car la captation de public sur 7, 10, 15 ou 28 jours, est l’opposé de la cadence infernale des nuitées à l’unité, qui imposent des corvées sans fin, caractéristiques du business model des hôtels. A la semaine, à la quinzaine ou au mois, la gestion des réservations, le check-in, le check-out, le nettoyage, ==tout cela devient plus simple.
L’option proposée par Booking est donc une avancée, à condition de l’atteindre, en ajustant vos prestations et surtout votre communication aux nouvelles attentes. Booking estime que l'un des principaux facteurs pour lesquels les touristes choisissent la longue durée est qu'ils souhaitent se détendre et profiter de la tranquillité d'esprit au même endroit, plutôt que de devoir se déplacer régulièrement d'un endroit à l'autre. C'est le cas, notamment, pour cet automne de la clientèle puissante des BabyBoomers.

Plus que la sécurité, le maître-mot de cette tendance est la tranquillité : tranquillité physique, tranquillité d'esprit. De la sorte, la proposition “long stay” de Booking peut vous faciliter l’existence et aider vos finances, mais il vous revient de proposer une offre d'idées complémentaires, tenable sur une semaine, deux semaines ou un mois. Tenez-vous prêts, proposez un programme, qui vous donne un rôle d’organisateur de séjours : festivals, traditions, sites, vous devez tout savoir... L’objectif définitif selon Booking : déconnecter de leur vie quotidienne des voyageurs qui vous ont accordé leur confiance, et vous accorderont de bonnes notes si vous saisissez cette nouvelle dimension pour les accompagner dans leur expérience de vacances.