Attention, la saison pourrait durer 6 mois...

Exceptionnel ! Les chiffres d’intentions de vacances annoncent l’étirement de la saison jusqu’à l’automne. Certains en rêvaient depuis années: les ailes de saison vont enfin pouvoir rapporter des réservations ! Cette année, envisager une période touristique de 6 mois n'est pas une vue de l'esprit: ce sera de l’été à l’hiver 2020, avec juste un léger creux en automne.

La deuxième aile de la saison d’été sera exceptionnellement longue cette année, selon les estimations découlant du baromètre mensuel « Intentions de voyage » de l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris et d'Atout France, publié le 24 juin. La répartition des flux se modifie sur le calendrier : 24 % des vacanciers français partiront en juillet, mais septembre tirera son épingle du jeu, à 15 %. Ce même mois accumulera 17 % du marché étranger. Août tiendra son rang, mais la tendance d’un tourisme automnal est là. La rupture entre l’été et l’hiver sera moins forte, il s’agira plutôt d’un ralentissement inter-saisonnier, probablement grâce à l’envie de liberté après le confinement du printemps. L’enchaînement vers la saison proprement hivernale, avec ses destinations et activités dédiées, devrait être plus fluide.

Intentions de vacances (baromètre Atout France)

Juillet Août Septembre
Touristes français 24 % 23 % 15 %
Touristes étrangers 12 % 18 % 17 %

55 % des Français visent Paris d’ici décembre

Pour les villes et régions appréciées par le public chinois, Paris en tête, un apport est attendu dès le 1er octobre, avec la quinzaine de Golden Week (congés annuels), si la sécurité sanitaire est garantie. Cette manne habituelle assurera la jonction entre l’été et les premier frimas.

Sur les 6 prochains mois, 55 % des Français consultés envisagent un séjour dans la capitale entre juin et décembre. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) est, à 25 %, la 1e destination française chez les Français et étrangers. A 22 %, la France sera le 1er territoire européen choisi par les étrangers.
Malgré ce succès, restons prudents. En terme de nombre de visiteurs, il est réaliste de prévoir un recul de la fréquentation générale en raison du Covid-19. Les données distillées par l'Office du tourisme et des Congrès de Paris prévoient pour la capitale, cet été, une activité équivalant à 30 à 40 % de ce qu'elle est habituellement, et de 50 à 60 % pour la fin d'année.
alex-holyoake-kgA5cRwr5IE-unsplashPhoto by Alex Holyoake on Unsplash

Des touristes “décidés... mais indécis”

Le baromètre révèle que deux tiers des personnes interrogées donneront la priorité aux réservations de dernière minute, même si elles ont déjà choisi où poser leurs valises : elles savent où partir, mais elles passeront tardivement à l’acte de réservation. Une nouvelle fois, la tendance à l'ultra-last minute se confirme.
Sur les marchés sondés (France, Allemagne, Belgique, Chine, Espagne, États-Unis, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse), 77% des étrangers et 74% des Français font primer la sécurité dans leur choix de destination, ce qui contribue à l’hésitation.

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La montagne, grande gagnante ?

Les hébergeurs située en zones de montagne et moyenne-montagne pourraient être les grandes bénéficiaires de l’étirement de la saison. La montagne, souvent présentée comme une destination hivernale, était le second espace de destination des Français en juillet-août en 2017, selon une étude d’Atout France. Elle concentrait 51% des nuitées et 45 % des dépenses des Français. Cette année, les stations d’altitude voient leur fréquentation progresser d'1 % par rapport à 2019 selon l'Association Nationale des Maires des Stations de Montagne, qui observe un attrait nouveau pour septembre. Une performance se profile dans les Alpes du Sud, où le taux d’occupation du 22 août au 12 septembre devrait progresser de 5,6 % par rapport à l’an dernier.

Les vacances scolaires à venir
Vacances de la Toussaint Du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre
Vacances de Noël Du samedi 19 décembre au lundi 4 janvier

En conclusion, soyez endurant et prévoyez du repos

Les données de la "maxi-saison" envisagée sont précieuses pour anticiper les souhaits de déplacement selon les comportements nouveaux des visiteurs, nationaux et internationaux.
Une saison qui s'allonge exige plus d'énergie à fournir pour exercer votre activité, avec une dépression post-estivale moins forte que d’ordinaire. Si la saison s’effectue en continu, où de façon plus linéaire qu’auparavant, vous devrez trouver du temps pour vous, pour décompresser, prévoir des congés, vous ressourcer. Cette organisation doit être anticipée pour que votre endurance soit forte face à une éventualité inédite. Dans les meilleurs cas de saison continue, le creux de la vague (on peut le concevoir pour novembre) peut constituer un passage consacré à un peu de repos.