Les voyageurs prêts à repartir ... sous conditions

Avec les beaux jours, un timide enthousiasme pré-estival gagne les esprits. Et a priori, ceux qui s'y adonnent semblent avoir raison ... Sortir du confinement, s'assurer que la réplique n'aura pas lieu en réussissant les premiers pas des français à l'extérieur, reprendre l'école et le travail in situ (là, c'est moins évident ...) et surtout, partir en vacances !

De ce point de vue, les différentes études menées en France et à l'étranger sur le sentiment des voyageurs à quelques semaines du début de l'été peuvent autoriser un optimisme modéré sur la foi duquel il devient urgent de se préparer à une reprise. Et comme nous le disons dans nos webinaires, peu importe la date de la reprise, l'essentiel est d'être prêt car, comme le montrent les études, il y a du pain sur la planche ...

90% veulent partir mais vont réserver très tard

En France, donc, la messe est dite ! Il n'y aura pas de vacances à l'étranger pour les français. Et c'est tant mieux car cela permettra sûrement de flécher un maximum de touristes dans les entreprises touristiques françaises ! (Notez, toutefois, que des reflexions encore très embryonnaires sont menées sur la manière de rétablir les flux entre la métropole et les Dom-Tom pour y sauver aussi ce qu'il y sera sauvable cet été).

L'étude menée par Maeva (Groupe Pierre & Vacances & Center Parcs) la semaine dernière constitue une bonne dose d'optimisme puisque 90% des français y déclarent qu'ils maintiennent leurs projets de vacances d'été. Reste plus qu'à savoir, pour eux, dans quelles conditions (où ? comment ?) ils pourront les réaliser mais, sur ces questions, à chaque jour suffit sa peine. Probablement, d'ailleurs, que nous n'en saurons encore rien suite aux déclarations du Premier Ministre, ce mardi, au sujet du dé-confinement.

Cette étude montre bien que les voyageurs ne s'attendent pas à partir n'importe où et dans n'importe quelles conditions. Une posture d'hyper-précaution évidente comme cela l'a également été en Asie où les stop-and-go (liées à des petites répliques de l'épidémie) sont légions: la sécurité sanitaire des voyageurs et de leurs familles" reste donc le critère numéro 1. Qu'il s'agisse des espaces privés ou des espaces partagés (plage, piscines, etc ...).

Il y a donc du pain sur la planche pour mettre au point les protocoles sanitaires, s'assurer qu'ils sont conformes aux prescriptions officielles (quand elles seront connues), former son équipe et ... les communiquer (de la manière la plus claire mais aussi la plus habile, du point de vue marketing) à ses futurs clients.

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Nouveau call-to-action

Autre préoccupation des voyageurs, la flexibilité sur les conditions de réservation et donc, d'annulation (ou de modification). Dans une période où l'instabilité domine au rythme des annonces officielles et des recommandations d'usage, les voyageurs s'attendent à devoir in fine annuler leur séjour. Comme le montre l'étude Maeva-Pierre & Vacances, il est donc plus-que-nécessaire que vous montriez patte blanche à ce sujet en communiquant très vite sur des conditions de réservation les plus souples possibles car, comme les chiffres de l'étude le manifestent bien : si 90% des français sont prêts à partir cet été, 78% ne réserveront qu'au dernier moment ... sauf, si dès maintenant, vous leur manifestez des conditions très souples pour déclencher leur engagement.

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Aux Etats-Unis où l'épidémie fait des ravages, une autre étude confirme ce sentiment des voyageurs à maintenir leurs vacances d'été. Mais, compte tenu que les US sont en plein dans l'oeil du cyclone, l'assurance de partir en voyage n'est que de 60% (contre 90% en France, selon Maeva). Selon 10.556 américains intérrogés la semaine dernière, c'est la même tendance ...

Quand on leur demande quels messages ils aimeraient recevoir des hébergeurs (hôtels, B&B, campings ...), les américains déclarent, dans l'ordre :

  • des offres (souples) pour réserver sans risque et avec des prix bien ciblés,
  • des informations précises sur ce que l'établissement a fait pour garantir la sécurité des voyageurs,
  • en quoi la destination est affectée par le coronavirus, notamment en ce qui concerne l'ouverture ou la fermeture de certaines attractions

Autre enseignement de cette étude, 18% des personnes interrogées sont prêtes à acheter une carte-cadeau (pour leur propre usage) à utiliser dans les établissements concernés au moment où ils décideront de le faire. Pourquoi ne pas attendre, dès lors, de réserver tout simplement ? Parce que les hébergeurs multiplient désormais les offres du type "Achetez maintenant 200$ et obtenez une valeur de 300$ pour réserver chez nous quand vous le désirez !" ... une façon simple de générer de la trésorerie dans ces moments de grande tension économique.

Ce type d'offres a de quoi séduire une frange importante de voyageurs car, côté US, même tendance qu'en France, 70% réserveront au tout dernier moment et 34% d'entre eux prévoient de réduire toutefois leur budget en raison des craintes qu'ils ont sur la suite de la situation économique. Sans faire de promotion donc, mais en accordant des bonus aux voyageurs, les hébergeurs américains tentent donc de concilier les intérêts de tous les voyageurs ... y compris, les plus timorés.