WTTC : trois nouveaux indices pour mesurer autrement le succès du tourisme
Le WTTC lance trois indices, Power, Efficiency et Opportunity, pour élargir la mesure du succès du tourisme. Une occasion de revoir les indicateurs qui pilotent réellement votre établissement.
Et si la réussite du tourisme ne se résumait plus aux seules arrivées et aux nuitées ? Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) vient de lancer trois nouveaux indices, baptisés Power, Efficiency et Opportunity, pour élargir la manière de mesurer le succès du secteur. En clair, les indicateurs qui pilotent votre établissement pourraient eux aussi gagner à s'enrichir …
L'annonce peut sembler lointaine, presque institutionnelle. Pourtant, elle renvoie à une question très concrète : qu'entend-on exactement par “réussir” quand on exploite un hôtel, un camping, un gîte ou une activité de loisirs ?
Un secteur qui change de boussole
Pendant longtemps, on a surtout jugé la santé du tourisme à l'aune de grands volumes : fréquentation, nuitées, recettes. Ces repères restent utiles, certes. Mais ils ne disent rien de ce qui reste réellement en caisse, ni de la solidité du modèle économique qui se cache derrière.
Avec Power, Efficiency et Opportunity, le WTTC cherche à élargir la façon dont le succès du voyage et du tourisme est évalué. Les noms retenus (puissance, efficacité, opportunité) pourraient indiquer que l'on s'intéresse désormais autant à la manière de créer de la valeur qu'à son volume.
Le détail de chaque indice relève des publications officielles du WTTC, auxquelles il convient de se reporter avant toute citation précise. La logique d'ensemble, elle, se transpose très bien à l'échelle d'un établissement.
Puissance, efficacité, opportunité : une grille de lecture pour votre activité
Sans préjuger du contenu exact de ces indices, rien n'empêche de s'en inspirer comme d'un fil conducteur. Ces trois mots posent en effet de bonnes questions à n'importe quel exploitant.
La puissance, d'abord : votre capacité à attirer la demande par vous-même. Un établissement vraiment solide est celui qui ne dépend pas d'un seul canal pour remplir ses chambres, ses emplacements ou ses créneaux d'activité. La part de réservations directes en est le meilleur témoin.
L'efficacité, ensuite : ce qu'une réservation rapporte réellement, une fois retirés les commissions, les annulations et le temps passé à la traiter. L'opportunité, enfin : tout ce qui reste à gagner, que ce soit en basse saison, auprès de nouvelles clientèles ou grâce aux ventes additionnelles (upselling).
Une chose est certaines, les indicateurs retenus à grande échelle peuvent influencer la manière dont les destinations se comparent et dont chacun lit ses propres résultats.
D'ailleurs, la tendance de fond est déjà là chez les hébergeurs et les prestataires d'activités : on ne se contente plus de compter les clients, on cherche à comprendre d'où ils viennent et ce qu'ils rapportent. La dépendance aux plateformes de réservation (on le sait) pèse lourd dans cette équation.
Prenons un exemple très courant. Un établissement affiche complet tout l'été, et pourtant sa trésorerie peine à suivre. Que s'est-il passé ?
Un taux de remplissage élevé peut masquer une rentabilité fragile : commissions importantes, annulations tardives, peu de ventes additionnelles. Dans ce cas, la réservation (même supposée ferme) pèse moins qu'il n'y paraît dans les comptes. Comme quoi, remplir n'est pas toujours gagner.
C'est précisément ce que ces nouvelles grilles de lecture invitent à regarder de plus près. L'indicateur le plus visible n'est pas forcément le plus parlant.
Cinq indicateurs à suivre dès cette saison
Un conseil : complétez votre tableau de bord habituel avec les repères ci-dessous, mois par mois, et comparez-les d'une année sur l'autre.
- La part de réservations directes par rapport à celles venues des plateformes.
- Le taux d'annulation, canal par canal, pour repérer les sources les plus instables.
- Le revenu net par réservation, une fois les commissions déduites, plutôt que le seul chiffre d'affaires.
- Le panier moyen par séjour ou par participant, avec la part des ventes additionnelles (petit-déjeuner, activités, services).
- Le remplissage des périodes creuses, à examiner segment par segment (couples, familles, groupes, clientèle d'affaires).
Ces cinq mesures ne demandent aucune expertise statistique : elles exigent surtout que vos réservations soient centralisées et vos données fiables. Avec des informations éparpillées entre plusieurs extranets, le calcul devient vite fastidieux, voire impossible.
Mesurer mieux pour décider mieux
Le lancement de ces trois indices rappelle une évidence : ce que l'on mesure oriente ce que l'on décide. Si votre seul repère est le remplissage, vous optimiserez le remplissage, au risque de négliger la marge, la fidélisation ou la place de la vente directe.
Élargir vos indicateurs, c'est se donner les moyens de choisir vos canaux, vos tarifs et vos offres en connaissance de cause. Reste à vous équiper pour disposer de données claires, à jour et réunies au même endroit. La prochaine saison est le bon moment pour poser ce socle : vos décisions n'en seront que mieux éclairées.