68% des européens prévoient de voyager avant janvier prochain !

Pour cet automne-hiver, le tiercé de la fréquentation touristique européenne est "Italie-Espagne-France". Le dernier rapport de l’European Travel Commission dessine les grandes tendances valables jusqu’à janvier 2022 : le voyage domestique résiste, les séjours de 4 à 6 nuits sont préférés et le budget vacances gagne 585 euros en moyenne par rapport à 2019. Pour les hébergeurs français, le défi est de capter l’attention des Européens, selon leurs moyens et leurs envies

A 72%, la confiance des voyageurs Européens est au plus haut depuis un an, 68% prévoient de voyager avant janvier 2022. Ces deux indications plantent le décor d’une reprise dynamique de l’industrie touristique pour l’automne-hiver 2021-2022. Elles proviennent du "Monitoring sentiment for domestic and intra-european travel", produite par la Commission européenne des voyages. Nous tirons le meilleur de cette précieuse étude.

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Les voyages domestiques : ils gardent les faveurs de 35% des Européens qui prévoient de voyager. Cette probabilité est particulièrement forte chez les plus de 54 ans (à hauteur de 44%), moindre chez les voyageurs de 18 à 24 ans (27%).

D’ici janvier, les voyageurs Français choisiront un autre pays européen (42,9%), la France (39,5%) et un pays hors-Europe (12,6%).

En moyenne, 51,5% des candidats au départ vont voyager à l’étranger : cela concerne 39% des Italiens, 60,8% des Belges, 64% des Suisses, 58,2% des Autrichiens, 55,5% des Français et 38,2% des Britanniques.

La situation sanitaire : elle reste le paramètre n°1 qui conditionne les départs. 54% des sondés affirment que le vaccin "les a rendus plus optimistes et confiants en ce qui concerne les voyages", 57% sont "tout à fait d'accord, ou simplement d'accord" sur le fait que le pass sanitaire facilite la planification des voyages, mais 18% en doutent.

Ces chiffres (et ceux qui suivent) sont le fruit d’une enquête réalisée en juillet auprès de 5788 personnes habitant 10 pays européens.

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Quels clients vont arriver par quel moyen de transport ?

Ce volet de l’étude permet de prévoir les besoins des ressortissants européens qui choisissent la France pour les prochaines semaines. Les hébergeurs les plus proches des aéroports disposant de liaisons internationales ont tout intérêt à consulter l’offre de liaisons aériennes, car la prospection auprès des voyageurs peut être fertile. Par exemple, les services proposés par Ryanair vers Nantes ou Carcassonne sont générateurs de flux, à capitaliser.

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On note que 2 Européens sur 5 conduiront lors de leur prochain voyage, une proportion à considérer, particulièrement par les hébergeurs installés à une distance raisonnablement proche d’un autre pays européen. Dans ce domaine, les transfrontaliers sont aux premières loges.

Les séjours de 4 à 6 nuits sont les plus fréquents

La durée des séjours souhaitée par les Européens est relativement stable par rapport à la précédente vague d’enquête, effectuée en mai. Cependant, la proportion de format "4 à 6 nuits" est descendue de 2,1%, tandis que les séjours de plus de 12 jours (correspondant dans certains car à une formule workation) ont perdu 2,7%.

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Sur le même registre, le cash accumulé par les voyageurs n’est pas une vue de l’esprit : la moitié des Européens prêts au départ prévoient de 500 à 1 500 euros pour leur prochain périple. En moyenne, la hausse représente carrément 585 euros par rapport à l’avant-Covid !

  • 16,5% prévoient moins de 500 euros
  • 29,2% de 500 à 1000 euros
  • 20,6% de 1000 à 1500 euros
  • 4,8% plus de 3000 euros

… et les dépenses augmentent avec la distance : les voyageurs dépensant plus de 1000 euros visent le tourisme domestique à 47%, le tourisme transfrontalier à 56% et un pays européen non frontalier à 64%.

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Où vont-ils pour trouver quoi ?

Ces deux graphiques nous éclairent sur l’image de la France en Europe, plus que sur ses prestations réelles. L’offre de grands espaces, de nature et d’authenticité est immense dans l’Hexagone, mais les voyageurs européens préfèrent "piocher" dans notre pays les atouts historiques et architecturaux, tout aussi abondants.

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Le critère "culture and heritage", équivalent à celui du "patrimoine", souligne la performance insoupçonnée de la Pologne. La position de challenger occupée par la France, face à l’Italie, n’est pas une réelle surprise. Elle indique cependant l’importance de ce segment touristique dans notre pays.

Le critère "City Break" est également abordé par cette étude "Monitoring sentiment for domestic and intra-european travel". Il n’inclut pas la France, dont les chiffres sont trop peu significatifs à l'échelle européenne, mais il fait correspondre une valeur de 26,4% à l’Espagne (leader du classement), suivie du Royaume-Uni (à 19,5%), les Pays-Bas (15,8%), la Pologne (15,2%) et l’Autriche (13,4%).

Cette absence de la France est un peu déroutante, car le premier critère scruté ("activités de pleine nature") ne révèle pas non plus un quelconque pouvoir d’attraction bleu-blanc-rouge. Ni ville, ni campagne, mais plutôt patrimoine ? Ces données globales sont à nuancer, car d’innombrables contre-exemples viennent démontrer l’attrait international (en premier lieu européen) de nombreuses régions rurales françaises, notamment de montagne. Pareillement, si les Européens boudent les city break en France, c’est certainement parce que Paris n’a pas encore retrouvé, au contraire du reste de la France, tout son allant touristique.

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Bonne nouvelle pour les stations de ski

Avant la stabilisation de l’ère post-Covid qui va probablement débuter, les Européens sont une ressource touristique incontournable pour l’ensemble du tourisme français.

A priori, cette première manne de retour à la normale devrait profiter aux stations de sport d'hiver qui, en plus de leur ré-ouverture, verront aussi le retour massif de clients étrangers. Mais pas ... les destinations rurales devraient continuer à en tirer les bénéfices de leur côté car l'appétit des européens pour les "havres de paix, nichés au coeur des campagnes" est sans précédent.

Les budgets vacances sont là, les envies sont fortes. En attendant la réouverture progressive du trafic aérien transcontinental, qui profitera principalement à Paris, les professionnels de l'hôtellerie peuvent appuyer sur les marchés les plus porteurs pour notre pays, sans exclusive.

L’importance de la voiture parmi les moyens de transport et le maintien des exigences sanitaires ne sont pas à négliger. Le relâchement de la société envers les précautions Covid n’est pas général à toute l’Europe, ne serait-ce qu’entre pays voisins, de sorte qu’il convenable de continuer de respecter le plus haut niveau des protocoles dédiés.