Airbnb dit (enfin) stop à la fiesta qui dérange les voisins

Les moins de 25 ans ne peuvent plus louer de logements Airbnb entiers près de chez eux, car le géant américain veut limiter les soirées sauvages aux mains de fêtards en folie. Ce durcissement a porté ses fruits aux Etats-Unis et au Canada, mais il peut encore être contourné.

Ces dernières années, les affaires de nuisances liées à la dérive anarchique de certaines locations Airbnb se sont multipliées : à Paris, Berlin Barcelone, Lisbonne, les allées-et-venues incessantes et le bruit des valises sur les paliers, les jeunes gens éméchés, les clients sonnant à toutes les portes d’un immeuble, les arrivées nocturnes et les propriétaires passant l’aspirateur à toute heure, tout ces inconvénients ont provoqué la colère des voisins, qui ont saisi les mairies. Les nuisances concernent aussi les maisons individuelles et mitoyennes.

Les hôteliers concurrencés n’ont pas apprécié cette tendance, pas plus que les élus et les associations militantes, inquiets de la réduction des parcs locatifs urbains.
Les comportements désagréables, perturbant parfois des familles entières, ont écorné l’image du l’hébergement touristique organisé sans encadrement classique.
Le géant américain a réagi en créant la page spéciale “Gérer les situations imprévues”, mais ce n’était pas suffisant. En octobre 2019, le Sénat a laissé aux maires la possibilité de limiter les locations de type Airbnb à 60 jours par an, contre 120. Ralentie par la Covid-19, la plateforme de location de logements entre particuliers n’en prépare pas moins son introduction en Bourse, révélée le 19 août. Mais en plus de la dérive, la crise sanitaire a jeté des soupçons sur l'opérateur, accusé par les autorités sanitaires de favoriser la formation de clusters, en vertu du mode incontrôlable de son modèle locatif. Dans les zones tourtistiques, louer pour trois et venir à huit n'est pas rare, avec propagation de coronavirus garantie.

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Donner des garanties sur la qualité des loueurs

Airbnb a durci sa politique de location envers les moins de 25 ans, le 14 août, en France, en Espagne et en Angleterre. Ces clients ne peuvent plus louer de logements entiers près de chez eux s’ils n’ont pas au moins trois commentaires positifs sur des séjours précédents. Le sens de cette mesure ? Eviter les rassemblement non autorisés de jeunes en quête d’amusements excessifs, sous forme de fiestas avec leurs copains. Mais ce public reste autorisé à réserver “n’importe quel type d’hébergement en dehors de cette zone” (de proximité), détaille Airbnb. La nuance n'est jamais très loin des bonnes intentions ... La restriction ne concerne pas les “jeunes utilisateurs qui souhaitent réserver un logement en longue durée (...) et pourront continuer à louer des logements entiers y compris près de chez eux”.

Malgré ce dispositif, La faille du système se trouve dans la valeur floue de “zone d’habitation” (distance entre le domicile et la location Airbnb) instaurée par Airbnb Cette obligation, tout comme celle de l’âge minimal de 25 ans, semble pouvoir être contournée en utilisant un prête-nom.

Aux USA, ça marche

Avant la France, Airbnb a testé cette mesure aux États-Unis et au Canada, où a été observée une “baisse significative du nombre de soirées non autorisées” organisées par les moins de 25 ans, selon l’entreprise américaine. Cette reprise en main devrait redresser son image mais, pour beaucoup, le géant américain fondé en 2008 réagit tard. Il a laissé la dérive s’installer, avant de subir en pleine face la tragédie de février dernier à Toronto, comportant la mort par balles de trois jeunes de 19, 20 et 21 ans, dans un appartement de son réseau. Cet avertissement dramatique entraîne la régulation envers les moins de 25 ans. Cette modification rappelle utilement que le digital peut produire des situations monstrueuses et des énormités. Des ajustements sont nécessaires, après une période d’expérimentation d’abus plus ou moins longue.