2017 : l'année de la réservation d'activités en ligne !

Il existait de nombreuses barrières à la réservation d'activités en ligne. Bien plus compliquée que vendre des chambres, la réservation d'activités en ligne connait une croissance fulgurante sous l'impulsion des grands acteurs du marché que sont Booking, AirBnB et TripAdvisor ... Mais attention, les pros de l'activité doivent aussi tirer les leçons de ce qui est arrivé aux hôteliers ...

Selon Skift Research, le spécialiste mondial des technologies du voyage en ligne, 2017 sera l'année de la réservation des activités en ligne. Avec un marché européen estimé à 39 Milliards de $, les activités représentent le 3ème pan du voyage en ligne après les compagnies aériennes et les hébergements.

Déjà - selon Skift Research - 40% des opérateurs d'activités et de loisirs sont réservables en ligne. Selon les spécialistes, ces précurseurs ont été vigilants à lever un certain nombre d'obstacles que nous détaillons dans ce post.

1) Le mobile comme booster !

La réservation d'activités et de loisirs en ligne est étroitement liée à l'explosion du mobile et de son usage chez les voyageurs.

Selon le fondateur de Viator, Rod Cuthbert: "80% des réservations d'activités se font lorsque le voyageur est sur place, c'est-à-dire sur son lieu de séjour ... et essentiellement, via mobile".

Il est donc essentiel de disposer d'un moteur de réservation qui se décline en version mobile, paiement inclus, pour pouvoir coller aux attentes des principaux acheteurs.

2) Les grands acteurs en font leur priorité

Cela n'aura échappé à aucun des observateurs du e-travel, la manne des 39 Milliards $ dépensés chaque année en activités et en loisirs, est devenue une cible de choix pour les grands acteurs du voyage :

  • TripAdvisor a acheté Viator et propose désormais la réservation d'activité sur son site visité par plus de 300 Millions de voyageurs chaque année,
  • AirBnB vient de lancer la réservation d'activités avec son nouveau produit Trips (voir notre post à ce sujet),
  • Quant à Booking, le champion toutes catégories en volumes de réservations enregistrées chez les hébergeurs, son projet Booking Experience va prendre forme cette année. Il sera ains possible de réserver son hôtel ou sa maison d'hôtes dans une ville et de se voir proposer des activités réservables à deux pas de sa chambre.

Un écran de Booking Expérience

Pour Booking, ce nouveau pas vers une expérience-tout-en-un "incorporera un maximum d'intelligence artificielle et de machines auto-apprenantes pour prédire et proposer les meilleures activités aux voyageurs, les inciter à vivre de nouvelles expériences sur leur destination, avec une facilité de réservation et de paiement renforcée par un accès prioritaire aux activités".

3) Les leçons à tirer des "précurseurs" hôteliers

Si l'arrivée des "gros" portails (on les appelle OTAs, pour Online Travel Agency) dans l'univers des activités et des loisirs donne le "top départ" de la nouvelle vague de la réservation en ligne, elle doit aussi interroger les exploitants d'activités eux-mêmes.

Ils ont, pour cela, l'exemple du monde de l'hôtellerie qui, il y a plus de 10 ans, a vu jaillir ces grands portails dans leur quotidien ... et leur business.

Aujourd'hui, Booking, Expedia, TripAdvisor et AirBnB pèsent pour plus de 60% de leurs réservations et prélèvent des commissions de l'ordre de 15 à 25%.

Dans le monde des activités et du loisirs, les principaux portails déjà en place prélèvent des commissions très supérieures: de l'ordre de 15 à 35%.

Selon les spécialistes, ces taux supérieurs s'expliquent par le fait que le panier moyen d'une réservation d'activités est inférieur à celui d'un hôtel (210$ contre 543$) mais que les efforts marketing pour attirer du client sont tout aussi importants; d'où un taux plus élevé.

Selon une enquête menée par Skift Research, 68,4% des opérateurs d'activités et de loisirs considèrent que ces taux de commission sont acceptables. C'est dire le niveau dépendance que certains opérateurs ont déjà réussi à accepter ...

4) La réservation directe en priorité !

Reste que si les mêmes causes produisent les mêmes effets, il y a fort à parier que, très vite, de nombreux opérateurs d'activités risquent de grincer des dents à l'idée de développer une forme de dépendance à l'égard des OTAS ... bref, tout ce que les hôtels tentent de contrer aujourd'hui.

La solution reste de garder l'oeil sur ses sources de revenus et de veiller à les équilibrer pour ne pas trop dépendre des OTAs et ne pas grignoter ses marges en commissions.

La stratégie consiste à se diffuser sur ces grands portails à la fois pour se créer de la visibilité et pour obtenir des réservations ... sans relâcher ses efforts pour recevoir plus de réservations sur son propre site ou sa page Facebook.

En conclusion

L'enjeu de la réservation directe est donc tout aussi important pour les activités que pour les hôteliers. Dans le cas des activités, il est encore temps de partir du bon pied ... et vite.