Les voyageurs français motivés pour séjourner encore plus !

Le "Changing Traveler Report 2021" donne, cette année, un éclaurage nouveau sur les changements - durables ! - qui affectent l'état d'esprit des voyageurs après, désormais 3 voire 4 vagues épidémiques. Si la volonté de voyager "comme avant" reste intacte, de nouveaux critères entrent en ligne de compte, comme la sécurité. Les voyageurs sont prêts, aussi, à consentir plus de flexibilité sur leurs données personnelles, mais pas leurs données bancaires. Enfin, le "workation" passe du stade de concept brumeux à niche commerciale très prometteuse ...

C’est une aubaine statistique ! L’une des plateformes mondiales d’optimisation de revenus hôteliers (SiteMinder) a dévoilé le 10 août dernier de fortes indiscrétions sur les attentes et comportements de ses clients de 2021 et 2022. Dans son "Changing Traveler Report 2021", sont sondés 35 000 clients sur la planète entière en plus de l'immense réservoir de datas associées qui permet de capter les autres tendances de fond du moment ... Car, c'est peu de le dire: le covid a modifié considérablement l'état d'esprit des voyageurs et cela, durablement. Si ces éléments sont prospectifs, ils n'en restent pas moins d'autant de ficelles (solides) pour mieux aborder la fin de l’été et l’automne 2021, jusqu'en 2022. Sur les 35.000 clients mondiaux, un total de 916 clients français a été isolé, et seuls ceux qui ont voyagé au moins une fois par an pour leurs loisirs avant le Covid, ont été interrogés. 42,1% ont de 18 à 24 ans, 39,3% sont des 35-54 ans tandis que les 55 ans et plus sont 18.6%.
Vacances travaillées, data, pourquoi partir et où partir en fonction de quoi, cette étude analyse la situation sous l’influence d’un Covid qui s‘avère entrer dans les habitudes. Pour preuve : 53 % des voyageurs français espèrent des normes d'hébergement identiques à celles de l’avant-pandémie. 43% en veulent plus pour prendre en compte - durablement ! - les nouvelles exigences sanitaires.

Seulement 2,35 % ne veulent plus voyager !

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Source : Changing Traveler Report 2021 - Siteminder

Ces pourcentages visant les voyages de loisirs confirment que l’enthousiasme monte en flèche (plus de 75% en cumul de réponses positives). Seulement 6,5% des Français vont sévèrement réduire leurs voyages et 2,35% vont carrément y renoncer, preuve du retour d'optimisme généralisé. Cette dernière proportion symbolique est en baisse, elle atteignait 8% en 2020. Les hébergeurs doivent considérer les 22% des Français qui prévoient de voyager moins car ils sont "refroidis" par le Covid. Le challenge est de leur garantir, grâve à un marketing ciblé, des conditions sanitaires irréprochables, en les convainquant qu’ils vont voyager mieux.

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Le triomphe des projets de vie

Les raisons qui incitent à rejoindre un lieu précis sont surprenantes ! Les voyageurs français qui souhaitent s’offrir une destination rêvée, comme une envie ressentie depuis longtemps, sont franchement nombreux (36,8%). Les hébergeurs dont la propriété est située à proximité d'un "point of interest" (un volcan, une falaise, des vestiges celtiques ou romains, le site de tournage d'un film célèbre, un terroir réputé pour sa spécialité gastronomique de niche...) ont grand intérêt à le faire savoir, y compris s’ils en sont un peu éloignés. Ces attractions sont susceptibles de figurer sur la liste de souhaits de quelqu'un. Il est indispensable de les inclure clairement sur les supports de com'.

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Source : Changing Traveler Report 2021 - Siteminder

On remarque que le traditionnel bouche-à-oreille (famille et amis) est bien plus fort que les réseaux sociaux et le marketing, dérisoires lorsqu’il s’agit de choisir une destination globale de vacances (pas un hébergement en particulier). Pour maximiser ces recommandations, envisagez de créer un programme de parrainage récompensant les clients qui parlent de vous à leurs proches.
Le faible pourcentage concernant le Covid souligne qu’un cap a été franchi, les voyageurs font de la pandémie une condition bien réelle, ils ne sont pas dans le déni de virus, mais ils maîtrisent la situation.
L’optimisme est là, mais le mode "open bar" n’a pas cours chez les voyageurs : le budget joue, pas folle la guêpe !

Le pragmatisme, avant les valeurs éthiques

Ce troisième volet de cette étude "Changing Traveler" est une incitation pour les professionnels de l’hôtellerie à indiquer noir sur blanc leur politique d'annulation, pour montrer patte blanche aux clients et s’assurer leur confiance. Le prix importe, il est prudent de "comparer vos tarifs avec votre concurrence locale et d’éviter de baisser vos prix inutilement, car le décalage est difficile à rattraper à long terme", affirment les auteurs.

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Source : Changing Traveler Report 2021 - Siteminder

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Le "workation", oui, mais pour de vrai

La proportion de Français qui n’oppose pas les vacances au travail se consolide : ils sont près de 30% à concevoir leurs prochains séjours sous forme de mix entre farniente et activité professionnelle, naturellement en télétravail. Bien sûr, les vacances restent très majoritairement associées à la prise de distances avec l’emploi. Pour les hôteliers, la transformation des hébergements en lieux de vie, au sens le plus général, est l’un des changements radicaux générés par le Covid. "Il devient de plus en plus important de penser aux voyageurs qui combinent désormais travail et loisirs", recommande l’étude. Les hébergeurs qui hésitent encore sont invités à déployer des efforts de marketing, tout en restant réalistes : "Si votre propriété n'a pas beaucoup d'espace, attention à ne pas survendre votre capacité pour répondre à ce segment, plus de 50 % d'entre eux souhaitant que leurs vacances induisent un changement radical par rapport à leur travail".

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Source : Changing Traveler Report 2021 - Siteminder

La privacité n’est plus vraiment un problème

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Source : Changing Traveler Report 2021 - Siteminder

Près de 80 % des voyageurs français, enfin, ne s’opposent pas à ce que leurs données personnelles soient utilisées pour améliorer leur séjour. Cela signale le besoin croissant des hôteliers de maîtriser les données de leurs clients, mais surtout leurs préférences, pour créer des offres et des expériences personnalisées avec ces informations qualifiées. L’utilisation de ces données ouvre la voie vers une augmentation des revenus. Attention, le marketing et l’expérience personnalisée sont acceptés par les clients, mais le niveau de confiance est plus faible sur le paiement : 47 % des sondés sont tièdes et 19 % sont plutôt réticents face à l’usage de leurs données lors du paiement. En gros, les clients ne rechignent à être pistés, comme ils le sont déjà sur Internet (avec les messages publicitaires intuitifs et affinitaires), mais on ne rigole pas avec la carte bancaire : la sécurité avant tout !

Enfin, la plupart des voyageurs sont prêts à échanger leurs données en échange d'une offre ou d'une expérience personnalisée et empathique, tant que leur vie privée est respectée. Lors du partage d'informations de paiement, la réponse est cependant moins catégorique. Au moment de régler leur séjour, seuls 21 % des voyageurs français font entièrement confiance aux hébergeurs avec leurs données, 26% ne leur font pas du tout confiance. La préconisation aux hôteliers est simple : garantir une expérience de paiement transparente et sécurisée pour les clients renforce aussi la sécurité de leurs données personnelles.