Les winners du wine ! L’œnotourisme booste les destinations

L’œnotourisme, ce n'est pas un gadget, encore moins une niche: après le creux forcé de 2020, il repart même à fond les ballons ! Ce thème de séjours et de vacances liés au vin et à la rencontre avec les vignerons s’étoffe avec des loisirs en extérieur de plus en plus riches et plus en phase avec ce univers au périmètre de plus en plus large: vélo, rando, et balades … mais aussi des soins de choix, comme la vinothérapie ou encore la découverte des cultures "à l'ancienne". À l'heure où la thématisation des séjours prend une importance capitale l'oenotourisme devrait faire de 2021-2022 une excellente cuvée !

À l'heure où la crainte du grand brassage n’est pas encore dissipée car le Covid n’est pas encore éteint, les destinations œnotouristiques sont en plein essor. Les activités proposées dans ces terroirs viticoles garantissent la distanciation sociale et la vie au grand air, avec l’avantage de rencontrer des “vrais gens” qui ont une couleur locale et une authenticité évidentes ... et surtout des expériences extraordinaires à partager.

Ces valeurs sont primordiales pour un public croissant, qui souhaite faire voyager ses papilles et prendre d’autres plaisirs. Le potentiel de l’œnotourisme était déjà fort en France, il s’est consolidé depuis les confinements. Pour Atout France, en 2019: "Tant pour l'accroissement de la fréquentation des régions viticoles que pour stimuler la vente des vins, il s'agit d'une filière clé pour la destination qui porte en son sein des valeurs d'art de vivre, de quête de sens, d'échanges et d'expériences, en parfaite cohérence avec les attentes actuelles des touristes étrangers"... et pas que. Cette année 2021 profite aussi à l'œnotourisme visant les Français, avec, encore, l'appui d'Atout France, dont la campagne #JeRedécouvrelaFrance vise l’objectif "slow tourisme, relaxation, gastronomie et culture". Cette ligne promotionnelle inclut une "offre d'oenotourisme pour tous les budgets", explique Caroline Leboucher, la Directrice générale d'Atout France. L’œnotourisme se démocratise, ce qui veut dire que son public s’élargit : on peut s’offrir un week-end avec débouchage de champagne au sabre napoléonien et dégustation dans des flûtes du XVIIIe siècle, ou flâner dans une vigne ancestrale à découvrir les préceptes de la biodynamie. Il y a, potentiellement, autant d’offres œnotouristiques que de terroirs.

Quand Vitineris digitalise l'oenotourisme

C'est aussi sur la base de ce constat que des initiatives nombreuses apparaissent dans le domaine de l'oentourisme comme l'adaptation de elloha pour les vignerons-hébergeurs-&-offreurs d'activités dans l'oenotourisme comme l'indique Serge Zaluski, le fondateur de Vitineris: "Pour booster l'oenotourisme, il faut surtout avoir des offres prêtes à être réservées et notamment, en ligne. C'est pourquoi nous nous sommes rapprochés de elloha pour développer une version "oenotourisme" de leur plateforme. Nous apportons ainsi des solutions simples et rapides à mettre en place à tous les domaines, petits ou grands et, avec un seul outil, nous leur permettons de se vendre en ligne, à la fois en ce qui concerne leurs hébergements et leurs activités, de programmer des visites de domaines à heures fixes ou encore de gérer le Click & Collect ... les vignerons sont hyper emballés par l'oenotourisme et la vocation de Vitineris est de leur donner les clés et l'accompagnement pour y réussir avec un minimum d'efforts".

Un formidable prétexte pour faire autre chose

Pour les professionnels du tourisme, l’intérêt de l’œnotourisme est la longue série d’activités greffée autour des châteaux, domaines et petites caves de production.

Le couple vin-vélo (comme il existe le réseau "Vélo & Fromages" dans 45 départements) fonctionne de mieux en mieux. Il va se multiplier cet été sous la formule qui rime "cyclotourisme et œnotourisme". La pratique du vélo, que beaucoup ont découverte en ville, permet de voyager "à vitesse humaine, en prenant le temps de s'arrêter auprès d'un beau panorama", observe Philippe Gloaguen, cofondateur des Guides du Routard.

La France était en 2020 la deuxième destination européenne du tourisme à vélo derrière l’Allemagne, selon la Direction Générale des Entreprises … avec 5,1 milliards d’euros de retombées économiques par an, soit 46 % en 10 ans. "Cet été, on devrait atteindre des chiffres record grâce à de nouveaux itinéraires et au succès du vélo électrique", prévoit Didier Arino, fondateur de société de conseil Protourisme. Et, en France, les beaux itinéraires à vélo ne sont jamais loin des vignobles comme le réseau Loire à Vélo.


Crédit : Touraine Loire Valley

Le vin est aussi devenu l'allié de l’équitation au bord des vignes, des séances de sophrologie et de "SPA vinothérapie" (Sanita Per Aqua ou Sanita Per Vino ?), ou encore la dégustation d’autres produits locaux.

Dans certains cas, les séances de tastevins s’accompagnent de marche active comme dans les nombreuses marches ferminères des grandes régions touristiques comme la Dordogne où le Cahors et le Monbazillac (voisins) sont régulièrement mis à l'honneur.

"Vins, Vignes et Randos", organisé le premier week-end de septembre, est un événement réputé en Val de Loire, et il devrait attirer de nombreux voyageurs cette année.

Toujours en septembre, "Les ateliers vendanges" commencent à connaître de grands succès et s’ajoutent à la panoplie, car le vin est toujours associé à d’autres activités (la thématique "alcoolisée", seule, ne tient pas la route comme motif de vacances !). Les cours de cuisine, tennis ou yoga s’ajoutent au tanin, sur un catalogue sensoriel et sportif qui grandit d’année en année. Certains proposent même ... la base, c’est-à-dire des ateliers de production de vin (comme “Viniv”, dans le Médoc).

Un révélateur de destinations discrètes

Les 17 grands vignobles français ne sont pas égaux en notoriété, et on peut leur ajouter les dizaines de micro-terroirs, les vins de montagne, vins de Bretagne, cépages rares et ancestraux.
Des centaines de niches viticoles existent à côté des têtes de gondole que sont le Champagne, le Bordelais et le Bourgogne. La marge de progression est impressionnante, d'autant plus que l’œnotourisme, qui était une affaire de spécialistes (notamment étrangers) visant les grands crus, a élargi son public, tandis que les lieux de production se sont diversifiés et ont enrichi leurs offres. Ces deux phénomènes (démocratisation et multiplication des points de chute) vont encore évoluer. Leur addition révèle au grand jour de nouvelles destinations, grâce à l’implication des propriétaires : "Il faut avoir quelque chose à raconter et s’approprier son histoire pour que l’œnotourisme fonctionne", explique France Gerbal-Medalle, consultante d’AOC tourisme dans le Sud-Ouest. Ce tourisme-là produit une expérience complète, associée à l’art de l’accueil, au bénéfice de secteurs géographiques entiers. Le viticulteur qui produit une vraie relation avec le client dans un cadre intimiste réservé à de petits groupes, peut raconter un territoire et une culture, que le client partagera plus tard avec ses amis.

L’évolution de ce secteur, c’est aussi son format : si on ne peut pas proposer de déambulation dans des caves gigantesques, car on n’en a pas, rien n’empêche de se recentrer sur d‘autres avantages: vinification, culture bio, etc.

La demande d'activités progresse de mois en mois avec un regain d'intérêt des français pour leur propre pays; changements d'attitudes post-pandémie oblige.

Nos recommandations

L'oenotourisme n'est plus un gadget politique ou marketing; c'est une offre qui complète désormais, comme il faut, la panoplie l'offre touristique française (d'autres pays s'y mettent aussi avec entrain).

En revanche, il ne faut pas y aller "à moitié" et prendre le risque de présenter une offre "à côté de la plaque" car le public oenotouristique, bien qu'en recherche d'expériences nouvelles, connaît son sujet et s'attend à des offres à forte valeur ajoutée (oubliez la visite expédiée en une heure et la dégustation-vente à la sortie du caveau). Pour avoir du succès en la matière et être reconnu sur les grands sites de voyages (mais aussi les avis !) organisez des expériences originales, prenez le temps (comme un bon vin) de la découverte pour vos hôtes et faites-leur rencontrer des gens passionnés (producteurs, oenologues, sommeliers, cavistes ...). Ce temps-là n'a pas de prix !

Le potentiel des terroirs appartient aussi aux propriétaires d’hébergements indépendants, tout aussi indépendants que les initiatives de vignerons qui attirent des visiteurs et assurent une meilleure lisibilité de leurs terroirs.
Si vous êtes un vigneron sans hébergement, associez-vous à un hébergeur indépendant (une belle maison d'hôtes, un grand gîte, un hôtel de famille ...). Et réciproquement ... Vous n'avez pas l'obligation de produire vous-même l'intégralité de votre offre oenotouristique.

Cet été et cet automne 2021, les hébergeurs voisins récolteront des résultats intéressants en tissant des liens (durables) avec les producteurs de vin et les propriétaires de domaines (encore une fois, des domaines petits ou grands, de renommée ou de réputation plus modeste) ... Ce qui compte, c'est la passion des gens de la terre que l'on rencontre.

Les dégustations en haute saison, et les séjours pendant les vendanges, pour prolonger l’été, sont de sérieux atouts à promouvoir. Promouvoir ces moments lors de campagnes de marketing pertinentes sera porteur (et pourquoi pas se procurer des photos auprès des domaines, qui en ont forcément un stock ?).

Il ne faut pas oublier les dégustations ou les cours d’œnologie à organiser dans les logements touristiques, en mobilisant directement les producteurs. Succès garanti ! Sur une table d’hôtes, le passage d’un sommelier proposant des accords mets et vins sera magique, avec le conseil de France Gerbal-Medalle : "Le vin doit garder un côté mystérieux, immerger le touriste. Mais il ne faut pas lui faire un cours technique, il est en vacances et souvent en famille … Il faut que les gens passent un bon moment, un peu hors du temps, C’est important d’avoir des souvenirs et des choses à raconter au retour de vacances".

Comme le vin, l'oenotourisme demande de la passion ... et du temps. En tourisme comme ailleurs, n'oublions jamais que c'est l'offre qui crée la demande. Aussi, si cet univers vous titille, jetez-vous-y sans attendre. Commencez "petit", ne faites pas tout vous-même et n'hésitez à vous associer à la passion et à l'image d'un vigneron et testez votre marché. Vous le verrez, cette thématique va devenir hyper fructueuse pour vous et vos partenaires ... sans oublier, vos clients, à réunir sans modération !